On croyait avoir survécu à l’invention de l’autotune et aux trottinettes en free-floating. Manifestement, non. 2026 vient de trouver son Cheval de Troie : un volant.
Dans une publicité récente, Drago Malefoy (oui, celui de l’univers Harry Potter) range symboliquement sa baguette pour conduire une voiture, dans une mise en scène « magique » repérée par Creapills. Voilà. C’est une pub. Avec un volant. Et une nostalgie mal placée.
Évidemment, l’État n’a pas su rester calme deux minutes. La Délégation interministérielle à la Circulation Fantasmée (DICF) a réclamé « une clarification immédiate du statut routier des sorciers en reconversion ». L’ANTS aurait même envisagé un nouveau document : le permis B+ (Baguette), à fournir en 12 exemplaires, dont un « tamponné par une chouette agréée ». Parce que quitte à perdre du temps, autant le faire avec panache.

Prêt pour quand LinkedIn ne suffira plus ?
« Plan B : la vraie compétence de demain. »
Découvrir →Sur les plateaux, c’est l’hystérie chic. Hubert Déconfiture, analyste politique à moustache conceptuelle, alerte sur un basculement culturel : « Quand un Serpentard passe au clignotant, c’est toute la République qui se demande si elle doit aussi mettre le sien. » Selon un sondage Institut Panique & Conduite, 62,8% des Français déclarent désormais « hésiter entre le code de la route et le code des sortilèges » au moment d’aborder un rond-point. Les 14,6% restants klaxonnent déjà en latin.
« Le vrai danger, ce n’est pas la magie. C’est que les gens se mettent à croire qu’un volant résout leurs problèmes. » — Docteure Agathe Pare-Chocs, psychologue du non-événement
La réaction en chaîne est d’une beauté froide. Les auto-écoles signalent une hausse de 31,2% des demandes de leçons « de conduite immersive en cape ». La Préfecture planche sur des panneaux expérimentaux “Priorité aux balais”. Bercy, pris de sueurs budgétaires, imagine déjà une taxe sur la poudre de cheminette au kilomètre. Et pendant ce temps, le Ministère de l’Éducation propose discrètement d’ajouter “sortie de stationnement” au programme de Défense contre les Forces du Mal. Mai 68, mais avec des rétroviseurs.
Dans la rue, la France d’en bas fait ce qu’elle peut avec ce qu’on lui donne. Kamel, moniteur d’auto-école à Lens : « Si un élève me dit “Accio embrayage”, je démissionne. » Élodie, cheffe de rayon papeterie à Vannes : « On avait déjà les SUV, maintenant on a les SUV enchantés. Super. » Nino, technicien fibre à Ajaccio : « Tant qu’ils mettent le clignotant avant de transplaner, moi ça me va. »
Dernier rebondissement : la pub était censée vendre une voiture. Elle a surtout relancé un trafic de “baguettes homologuées” sur Leboncoin. La prochaine étape est connue : le jour où quelqu’un demandera au moniteur “Vous préférez qu’on fasse le créneau en moldu ou en invisible ?”.



