« Une fermeture qui revient après quarante ans, c’est rarement pour le bien commun. » Toussotement grave du docteur Philippe Angoisset, psychologue des masses. Rideau. Ambiance. Ça sent la visserie froide et la démocratie sous garantie.
Le fait est là, sec comme un café de machine : une fermeture mécanique imaginée dans les années 1980, recalée par un concours scientifique, a dormi dans un garage américain. Et voilà que des chercheurs du MIT la relancent aujourd’hui avec l’impression 3D, avec des usages déjà annoncés en médecine et en robotique.
Dans un pays normal, on aurait laissé cette chose au fond du garage, à côté des pneus lisses et des regrets. Mais non. On imprime. On teste. On « optimise ». Résultat : Bercy demande un audit sur « l’impact macroéconomique de la fermeture en situation de courant d’air ». Douze pages. Trois annexes. Une agrafeuse en PLS. Kof.
Le professeur Yvette Lugubre, historienne du malheur français, rappelle que « chaque grande crise commence par un petit mécanisme qu’on trouve malin ». La crise de 29 : des boutons. Mai 68 : des verrous qui sautent. Et là, on fabrique une fermeture qui se referme mieux que la bouche d’un ministre en commission. Un sondage de l’Institut Panurge annonce déjà que 62,8% des Français redoutent « d’être fermés à leur insu », sans savoir par quoi, ni comment, mais ils le redoutent très fort.
« Quand on donne une fermeture à un robot, on signe un bail avec l’ennui administratif. » — René Passetpartout, expert en sécurité du rien
La chaîne des conséquences est limpide. D’abord, les hôpitaux veulent fermer des dispositifs médicaux “plus vite”. Ensuite, la robotique veut fermer des pinces “plus fort”. Puis les mairies veulent fermer les dossiers “plus définitivement”. Et là, c’est la rupture d’équilibre. La Commission Interministérielle des Fermetures Non Consentantes planche sur un formulaire Cerfa en 14 exemplaires, dont 2 à renvoyer… dans une enveloppe impossible à rouvrir. Depuis le choc pétrolier de 73, on n’avait pas vu une idée aussi petite déclencher autant de réunions aussi longues.
Sur le terrain, la France tangue à hauteur de poignée. Nadia, 32 ans, prothésiste dentaire à Roubaix : « Si ça ferme mieux, ça va encore finir par fermer trop. » Gérald, 51 ans, responsable d’entrepôt à Limoges : « Nous on a déjà des portes. Qu’on nous laisse nos portes. » Maël, 19 ans, étudiant à Brest : « Si une fermeture revient des années 80, c’est qu’elle a des comptes à régler. »
Dernière minute : la fermeture “révolutionnaire” serait surtout utilisée, pour l’instant, à maintenir fermé… le capot d’une imprimante 3D qui surchauffe. Le progrès, c’est quand une machine fabrique une fermeture pour empêcher une autre machine de faire des bêtises.



