« On ne parle plus d’un cycle, on parle d’un budget pluriannuel », soupire la sociologue du déclin Martine Nostalvielle, la main tremblante sur un Télérama de 1982 où, Ah de mon temps, le seul “coût de la vie” c’était une baguette qui se tenait droite.
Une campagne relayée en ligne rappelle une réalité très prosaïque : avoir ses règles peut représenter jusqu’à 25 000 € de dépenses au cours d’une vie, entre protections, soins et tout ce qui va avec. Un chiffre qui, soudain, transforme un sujet intime en feuille Excel nationale.
Dans les couloirs feutrés de l’administration, l’information est tombée comme une agrafeuse dans un open space : Bercy aurait demandé un “état des lieux des flux menstruels” sur 48 mois glissants, pendant que la Direction générale des Tableaux Croisés Dynamiques (DG-TCD) planche sur un formulaire Cerfa “RGL-04” à remplir en 12 exemplaires, dont un pour “archivage émotionnel”. Ah de mon temps, une facture, c’était un papier, pas une aventure.
Et parce qu’en France, rien ne s’arrête à un chiffre, l’escalade a démarré. Le professeur Octave Remboursier-Late, expert en micro-dépenses tragiquement invisibles, alerte sur une “dérive comptable silencieuse” : selon un sondage IFOPI (Institut Français d’Observation des Petites Inquiétudes), 62,8% des Français confondraient désormais “cycle” et “cycle budgétaire”, et 34,1% auraient déjà envisagé de demander un devis avant d’aller acheter une boîte de protections.
« À 25 000 euros, ce n’est plus un cycle : c’est un emprunt à taux variable avec option serviette. » — Gérard Panikovsky, géopolitologue du quotidien
Conséquence en chaîne, évidemment : les comparateurs d’assurances auraient commencé à proposer des “packs périodiques premium”, les banques à suggérer un “arrondi menstruel” sur les paiements, et une commission interministerielle envisagerait un “bouclier tarifaire de la boîte de 16” avec un comité de suivi mensuel (le mot n’a jamais autant fait peur). Pendant ce temps, Martine Nostalvielle se souvient, Ah de mon temps, de 1973 : on ne “pilotait” pas le corps, on vivait, et on ne mettait pas des réunions dessus.
Dans la rue, les réactions se tendent. Mélina, 29 ans, cheffe de rayon à Amiens : « J’attends la note de service qui explique comment respirer sans dépassement d’honoraires. » Youssef, 41 ans, conducteur de tram à Montpellier : « Si ça finit en abonnement avec reconduction tacite, tout le monde va se faire avoir, c’est sûr. » Brigitte, 57 ans, bibliothécaire à Quimper : « On va encore inventer une carte de fidélité qui ne donne rien, sauf un sentiment d’humiliation. »
Et le coup de théâtre est tombé en fin de journée : une “task force sobriété” proposerait de remplacer les calculs par une solution plus simple… faire payer les règles en points de pénibilité, échangeables uniquement contre un rendez-vous à la préfecture, un mardi à 8h12.



