« Quand un robot plaide, c’est la robe qui tombe », tranche Maître Gaspard Plaidoyer-Panique, la voix grave, comme en 1973 quand une machine servait encore à faire des photocopies, pas à ruiner des gens.
Dans une affaire devenue instantanément l’objet de toutes les conversations de machines à café tièdes, un PDG a décidé de remplacer ses avocats par ChatGPT… et a perdu un procès qui lui coûte 250 millions. Les avocats peuvent respirer, dit-on. En 1982, on appelait ça “retrouver l’air”, pas “optimiser les coûts”.
Évidemment, la situation a déclenché une réaction en chaîne d’une élégance administrative qu’on n’osait plus espérer : une “Mission interministérielle d’encadrement du plaidoyer automatisé” serait en cours de montage, avec une première réunion prévue dès que le formulaire CERFA 1088-BIS “Demande de bon sens” sera disponible en 12 exemplaires, dont 3 en papier carbone (Ah, le papier carbone…).

Prêt pour quand LinkedIn ne suffira plus ?
« Plan B : la vraie compétence de demain. »
Découvrir →Le docteur Alain Terminus, urgentiste du non-événement, alerte sur “le syndrome de la plaidoirie en mode brouillon”. Selon un baromètre totalement sérieux du très officiel Institut du Doute Appliqué, 62,8% des dirigeants auraient déjà demandé à une IA de “faire un petit truc juridique vite fait”, avant de s’étonner que “petit” et “vite fait” coûtent une maison et demie. Et pendant ce temps, la CNIL envisagerait un label “IA apte à ne pas inventer des articles de loi”, avec audit, tampon, contre-tampon, et l’inévitable commission de recours.
« Le vrai risque, c’est qu’un chatbot découvre qu’il peut facturer au mot : on passera de 250 millions à un abonnement mensuel. » — Pr. Mireille Facturette, économiste des micro-lignes
Dans les couloirs, certains évoquent déjà une comparaison historique disproportionnée : “C’est la chute de Rome, mais avec des notifications”, souffle Jacques Cafard, éditorialiste du renoncement, rappelant qu’à l’époque, au moins, les invasions barbares ne proposaient pas de “résumer la décision en 3 bullet points”. Prochaine étape redoutée : des entreprises qui confient aussi la médiation, l’arbitrage et le choix des viennoiseries du petit-déjeuner à une IA, jusqu’à l’incident diplomatique du pain au chocolat.
Sur le terrain, la France du quotidien réagit. Inès, 24 ans, apprentie fleuriste à Amiens : “Si ChatGPT gère la défense, qui va gérer la caisse ?” Patrice, 51 ans, conducteur de bus à Grenoble : “Déjà qu’un GPS hésite entre deux rues, alors un tribunal…” Solène, 39 ans, bibliothécaire à Quimper : “Ah de mon temps — enfin, de celui des livres — une ‘conclusion’ avait une fin.”
Et le plus terrible, c’est la suite : le PDG ferait appel… en demandant à ChatGPT de “faire plus convaincant”. L’IA aurait répondu en joignant, par erreur, une recette de quiche lorraine “à plaider bien chaude”, ce qui, au moins, a le mérite d’être une stratégie enfin digestible.



