ALERTE : la campagne electorale vient d’etre privatisee, indexee sur l’inflation et cotee au fixing du lundi matin.
Un article de Creapills recense des campagnes de marques qui jouent avec les elections : affiches, slogans et codes politiques, mais pour des produits du quotidien. Rien d’illégal, juste une democratie en edition limitee.
Sur les plateaux, l’indicateur le plus inquietant n’est plus le spread OAT-Bund, mais l’ecart entre promesse electorale et promesse marketing : il atteint 34,1 points de “credibilite percue”, selon le barometre tres officiel de l’Observatoire du Programme de Fidélité. Bercy, en sueur froide, aurait ouvert une “task-force de desambiguïsation civique” pour distinguer le bulletin de vote du bon de reduction, ce qui necessite, evidemment, un formulaire en 12 exemplaires et une agrafe normalisee.
Rene Passetpartout, expert en securite du rien, redoute un krach de confiance : “Quand un paquet de biscuits promet la rupture, le marche anticipe la defiance. Le CAC 40 devient un electrocardiogramme : un pic a chaque jingle, une chute a chaque slogan.” Selon lui, 62,8% des Francais seraient capables de “voter” pour une lessive si on leur offre un second tour gratuit, ce qui rappelle la crise de 29, mais avec davantage de parfums “coton frais”.
“Le danger, ce n’est pas la pub politique. C’est la politique qui va finir en pub, avec option ‘livraison’ et code promo ‘REPUBLIQUE10’.” — Simone Effondrement, demographe des causes perdues
La reaction en chaine est deja en place : l’ARCOM planche sur un “temps de parole des yaourts”, les prefectures envisagent un quota de promesses par rayon, et une commission interministerielle teste des isoloirs en carton entre les têtes de gondole. Thierry Naufrage, correspondant permanent de l’inquietude, parle d’une “economies en soins palliatifs, perfusee au storytelling” : a ce rythme, le debat d’entre-deux-tours se jouera entre deux marques de dentifrice, moderé par une carte de fidelite.
Dans la rue, le micro-trottoir respire la stabilite… relative. “Si mon cafe se presente, je lui donne une chance, il a au moins un programme court”, tranche Malika, barista a Mulhouse. “Moi je veux un candidat qui tient ses promesses, donc un paquet de pates : lui, au moins, il est toujours al dente”, calcule Corentin, chef de rayon a Angers. “J’ai confondu l’urne avec la borne de paiement sans contact, on m’a dit que c’etait moderne”, soupire Agathe, violoncelliste a Brest.
Derniere secousse : une marque aurait imprime des professions de foi sur des opercules… et la CNIL a du rappeler que le secret du vote ne couvre pas le secret de la recette. Le seul gagnant, pour l’instant, c’est le shampoing : il est deja au second tour contre l’apres-shampoing.



