Communiqué officieux mais très sérieux : l’Autorité des Marchés Accessoires annonce une volatilité « anormalement enthousiaste » après l’apparition d’un pilote en pleine session de quêtes secondaires.
Lewis Hamilton est au Japon avant le GP de Suzuka et enchaîne les à-côtés comme dans un RPG grandeur nature : passage à un rassemblement automobile « mythique » en Ferrari F40, puis nouvelles activités, nouvelles photos, nouveaux détours. Du tourisme, en théorie. En pratique, un choc de liquidité émotionnelle.
Sur les plateaux, les courbes s’affolent : le CAC 40, déjà en soins palliatifs graphiques, donne l’impression d’un électrocardiogramme qui découvre le drift. Bercy aurait ouvert une « cellule de suivi des activités non essentielles à haute valeur symbolique », car le risque est clair : si un humain peut optimiser sa vie comme une barre d’XP, alors la productivité nationale devient une option payante. Un sondage du très sérieux Institut ProspecTrop Tard estime que 62,8% des Français « envisageraient de faire des quêtes annexes » si on leur garantissait au moins un loot rare et un badge.
Le professeur Gaspard Déficitaire, macro-économiste et thérapeute de portefeuille, alerte sur un mécanisme bien connu depuis 1929 (la version avec plus de chapeaux, moins de spoilers) : d’abord une F40, ensuite un post Instagram, puis une rupture de stock de miniatures, et enfin une crise systémique de la carte bleue. Dans la foulée, l’Observatoire du Pire, dirigé par Colette Fiasco, évoque une contagion : « si Hamilton réussit à “poper” partout, l’économie réelle va tenter de faire pareil, et elle n’a pas le niveau. »
« Une quête annexe, c’est un plan de relance sans ministère : ça distribue du dopamine-PIB sans contrôle budgétaire. » — Chloé Déglingace, experte en prospective du pire
Conséquence en chaîne : les agences de notation envisageraient de dégrader la France de AA- à “SideQuest+”, au motif que la nation privilégie désormais les objectifs facultatifs. Dans certaines préfectures, des formulaires CERFA en 12 exemplaires circulent déjà pour encadrer les “déplacements à motivation narrative”. La Banque de France, elle, surveillerait un indicateur inédit : l’indice de « farm » domestique, en hausse de 21,4% depuis que tout le monde a appris qu’on pouvait gagner de l’XP sans finir le scénario principal.
Micro-trottoir, à température de panique contrôlée. Nadia, 32 ans, cheffe de rayon à Amiens : « Moi aussi je veux une F40, mais on me donne juste un chariot qui couine, c’est de l’inégalité de loot. » Léo, 19 ans, apprenti boulanger à Albi : « Si je fais une quête annexe, c’est retrouver la pelle à enfourner, ça ne droppe jamais. » Mireille, 54 ans, greffière à Fort-de-France : « On nous demande de fermer des dossiers, lui il ouvre des quêtes. C’est une concurrence déloyale à l’administration. »
Dernier rebond : face à la pression, un comité interministériel planche sur un “Pass Quête” plafonné… avant de réaliser que le formulaire d’inscription est lui-même devenu une quête annexe. La France n’a pas perdu la course, elle a juste accepté une mission secondaire de 38 pages.



