On croyait que Rome était tombée sous les coups des barbares. Manifestement, elle était juste tombée derrière une famille qui « prend du pop-corn, mais le menu à 3 ou à 5 euros ? ».
Scène captée à la sortie d’une salle obscure : Jack Lang, figure de la culture, s’agace de devoir faire la queue au cinéma et lâche, dans un souffle qui a fait vibrer trois affiches de comédies françaises : « Après tout ce que j’ai fait pour la culture ! »
Et c’est là que tout bascule. Selon le Baromètre Castastroche des Signaux de Décomposition (édition du jour, onglet “Guichets”), le temps d’attente moyen « ressenti comme humiliant » a augmenté de 18,6% depuis l’invention du placement libre et des sacs trop volumineux. La Place Beauvau n’a pas commenté, mais au ministère de la Culture, une cellule de fluidité culturelle aurait été réunie autour d’un café tiède et de trois trombones.
Le professeur Norbert Filesse, directeur du Centre National d’Études de la Queue (CNEQ), alerte : « Une démocratie tient à la séparation des pouvoirs. Une civilisation, à la séparation des gens au guichet. » D’après un sondage IFOPCORN (réalisé sur 312 personnes coincées derrière un couple hésitant), 62,8% des Français redoutent l’apparition d’un “privilège de coupe-file patrimonial”, transmissible par décret et par regard appuyé.
« La queue au cinéma, c’est un référendum permanent sur la patience nationale. Et en ce moment, le “non” mène largement. » — Colette Fiasco, Observatoire du Pire
La mécanique institutionnelle, elle, s’emballe : le CNC envisagerait un formulaire Cerfa 28-BAH “Demande de priorité symbolique en cas d’œuvre majeure”, à remplir en 12 exemplaires dont deux “pour la mémoire collective”. Bercy, flairant un risque systémique, étudierait une taxe sur les “hésitations au comptoir” au-delà de 14 secondes. Dans les cinémas, des séances tests de “file d’attente inclusive” ont déjà été observées : un agent recadre poliment, un autre distribue des numéros, un troisième pleure en silence.
Devant le même cinéma, micro-trottoir sous haute tension. Léa, 26 ans, projectionniste à Amiens : « Moi je veux bien respecter la culture, mais qu’on respecte aussi mon horaire. » Karim, 41 ans, livreur à vélo à Lyon : « On fait la queue pour tout, bientôt on fera la queue pour entrer dans la queue. » Solange, 68 ans, choriste à Quimper : « Avant, on attendait pour du pain. Maintenant, on attend pour des bandes-annonces. C’est un glissement. »
Dernier rebondissement : au moment où la file atteint un niveau critique (quinze personnes et un débat sur les M&M’s), un automate de billetterie tombe en panne… et impose à tout le monde une attente supplémentaire, prouvant qu’en 2026, l’égalité républicaine commence enfin à la caisse.



