C’est un chiffre qui donne le vertige : 550 000. C’est le nombre d’immigrés accueillis en France l’année dernière, sans que personne ne demande son avis au peuple. Une décision prise en catimini, entre deux réunions à l’Assemblée nationale, où les élus ont estimé que les Français n’avaient pas besoin d’être consultés. Après tout, dans les beaux quartiers, les conséquences se font rarement sentir. Pourtant, cette fois, le peuple semble décidé à se venger.
550 000 immigrés accueillis en un an, sans référendum, sans débat public, sans même un simulacre de consultation.
Or, cette affirmation, aussi explosive soit-elle, repose sur une confusion savamment entretenue. Les chiffres officiels, eux, racontent une autre histoire. L’Insee estime à 7,97 millions le nombre d’immigrés vivant en France en 2025, soit 11,6 % de la population. L’OCDE, de son côté, recense 298 000 nouveaux arrivants de long terme ou permanents en 2024. Quant au chiffre de 500 000, il émerge d’une réponse écrite à l’Assemblée nationale, qui agrège plusieurs catégories administratives – un détail que les relais de la rumeur ont soigneusement omis.
Le vrai scandale ? Personne n’a jamais caché ces chiffres. Ils sont publics, accessibles, et pourtant, personne ne les a transformés en sujet de débat national. Les réseaux sociaux, eux, ont préféré s’embraser sur un chiffre rond, facile à retenir, et surtout, facile à instrumentaliser. Résultat : 261 000 vues pour un post qui mélange allègrement estimations, projections et fantasmes. Les faits, eux, sont moins spectaculaires. Une réponse écrite à l’Assemblée nationale, quelques lignes dans un rapport de l’OCDE, et voilà comment on fabrique une crise.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →— Catherine Vermeulen
Sources : Population immigrée et étrangère en France - Insee, France : Perspectives des migrations internationales 2025, Question écrite n° 4690 - Document de l'Assemblée nationale



