François Fillon ne décolère pas. Dans une interview récente, l’ancien candidat à la présidentielle dénonce un « traitement judiciaire d’exception » et une « justice à charge » qui auraient sciemment torpillé sa campagne en 2017. Selon lui, l’ouverture d’une information judiciaire en pleine course électorale n’était qu’un prétexte pour éliminer un rival gênant et ouvrir la voie à Emmanuel Macron. Les réseaux sociaux s’embrasent : et si la République avait orchestré son premier coup d’État médiatique ?
Le PNF a ouvert une information judiciaire visant François Fillon le 24 février 2017, avant sa mise en examen le 14 mars.
Sauf que cette thèse du complot, aussi séduisante soit-elle, se heurte à quelques détails gênants. D’abord, le Conseil supérieur de la magistrature a estimé qu’il n’y avait eu aucune pression dans cette affaire, malgré les tensions. Ensuite, les condamnations pour détournement de fonds publics, confirmées par les tribunaux, rappellent que les infractions reprochées n’étaient pas des inventions. Enfin, si le calendrier politique a pu jouer, il ne suffit pas à transformer une procédure judiciaire en coup monté.
Le récit viral recycle une mécanique bien rodée : prendre un homme politique en disgrâce, lui attribuer le rôle de victime d’un système, et ignorer soigneusement les faits qui dérangent. Les médias ont analysé cette thèse comme un classique du complotisme électoral, où la réalité des condamnations est éclipsée par l’émotion. Pourtant, les partisans de Fillon persistent à voir dans cette affaire la preuve d’un acharnement d’État. Comme si, en 2017, la justice avait soudain décidé de jouer les arbitres politiques – sans que personne, ni les magistrats ni les observateurs, ne s’en aperçoive.

Prêt pour quand LinkedIn ne suffira plus ?
« Plan B : la vraie compétence de demain. »
Découvrir →— Pierre Lacharrière
Sources : L'affaire Fillon, complot "médiatico-judiciaire" pour faire élire Macron ; Le Conseil supérieur de la magistrature juge qu'il n'y a pas eu de pressions dans l'affaire Fillon ; Ce qu’il faut retenir de l’interview de François Fillon dans «Vous avez la parole»



