La scène a de quoi laisser pantois. Depuis son appartement genevois, Tariq Ramadan, condamné pour viol en Suisse et en France, dispense désormais des cours en ligne sur la justice. Pas de protestation, pas de tollé médiatique, pas même un murmure parmi les associations féministes. Le prédicateur, visé par un mandat d’arrêt international, semble jouir d’une impunité intellectuelle aussi surprenante que son curriculum vitae judiciaire.
Tariq Ramadan, condamné à trois ans de prison dont un ferme pour viol, enseigne désormais les principes de la justice depuis Genève.
Détail gênant : les faits vérifiés confirment les condamnations, mais personne ne semble avoir vérifié si ces cours existaient vraiment. La Chambre pénale d’appel et de révision de Genève a bien reconnu Tariq Ramadan coupable de viol et de contrainte sexuelle en août 2024, une décision devenue définitive après le rejet de son recours par le Tribunal fédéral suisse un an plus tard. En France, il a également été condamné à 18 ans de prison pour des faits similaires. Pourtant, l’affirmation selon laquelle il donnerait des cours sur la justice depuis la Suisse reste, à ce stade, non confirmée par les sources disponibles.
La mécanique est d’une simplicité déconcertante : on prend un nom chargé de scandales, on y superpose une activité anodine (donner des cours), et on laisse les réseaux sociaux transformer le tout en indignation sélective. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si l’information est étayée. Les faits, eux, sont moins spectaculaires : des condamnations définitives, des démentis absents, et une rumeur qui circule plus vite que les vérifications. Comme si, en 2026, il fallait toujours un peu de dramaturgie pour faire oublier les procédures judiciaires.
— Pierre Lacharrière
Sources : La chambre pénale d'appel et de révision reconnaît Tariq Ramadan coupable de viol et de contrainte sexuelle ; Tariq Ramadan définitivement condamné pour viol par la justice suisse ; La condamnation de Tariq Ramadan pour viol est définitive ; Le Tribunal correctionnel acquitte Tariq RAMADAN des chefs de viol et de contrainte sexuelle ; «Je veux un nouveau procès, contradictoire cette fois» : Tariq Ramadan reviendra-t-il en France pour être rejugé ?



