C’est un document qui fait trembler les facultés de médecine. Une lettre anonyme de 18 pages, accompagnée de captures d’écran et de tableaux Excel, accuse les ECOS 2026 d’être truqués de A à Z. Selon l’auteur, les grilles de correction auraient été modifiées en cours de route, les sujets divulgués à l’avance, et les notes ajustées pour favoriser certains étudiants. Le tout avec une précision chirurgicale : numéros de lots, heures de transmission, noms de correcteurs. La preuve, selon lui, que le système est pourri jusqu’à la moelle.
Les grilles de correction ont été modifiées en temps réel, avec des écarts de notation allant jusqu’à 12 points pour un même dossier.
Détail gênant : le CNG, dans un communiqué publié le 14 septembre, rappelle que ses analyses 2024-2026 ne montrent aucun écart significatif. Aucun incident n’a été signalé dans la transmission sécurisée des sujets, et les fameuses « preuves » de la lettre anonyme ne résistent pas à l’examen. Pourtant, le document continue de circuler, partagé des centaines de fois sur les réseaux, comme si 18 pages de jargon administratif valaient mieux qu’un démenti officiel.
La mécanique est d’une simplicité déconcertante : on prend un examen stressant, on y ajoute une lettre anonyme bourrée de détails techniques, et on laisse les réseaux sociaux transformer une suspicion en vérité établie. Résultat ? Des étudiants en panique, des parents en colère, et une administration qui doit rappeler, une fois de plus, que les rumeurs voyagent plus vite que les vérifications. Comme si, en médecine, il fallait toujours un peu de dramaturgie pour faire oublier les statistiques.
La vraie victime, ici, c’est l’étudiant en troisième année qui a cru bon de partager la lettre sans vérifier. Son groupe de révision vient de prendre un coup de vieux.
— Géraldine Petit
Sources : Communiqué de presse : suspicion de fraude ECOS, Suspicion de fraude aux ECOS - CNG, Accusations de triche lors des Ecos : une lettre anonyme met le feu aux poudres



