C’est officiel : à partir de la rentrée prochaine, les cantines scolaires françaises serviront des cafards grillés en apéritif. Une mesure discrète, glissée dans le dernier décret sur la transition alimentaire, qui vise à « diversifier les sources de protéines » et à « préparer les enfants à un avenir sobre ». Les insectes, sélectionnés pour leur teneur en fer et leur faible empreinte carbone, seront présentés sous forme de brochettes croustillantes, accompagnées d’une sauce piquante « pour masquer le goût de terre ».
Les enfants adorent, c’est croustillant, et en plus, c’est bon pour la planète : une solution gagnant-gagnant.
Détail gênant : la vidéo qui a enflammé les réseaux montre un enfant chinois de cinq ans dégustant des insectes en 2018, dans un reportage RTL sur les habitudes alimentaires insolites. Aucune trace d’un décret français, d’une circulaire ministérielle, ou même d’un simple mail interne évoquant l’introduction de cafards dans les assiettes. Le « scandale » se résume à une confusion entre une curiosité culturelle et une politique publique.
La mécanique est d’une simplicité administrative : on prend une vidéo ancienne, on y superpose un décret imaginaire, et on laisse les algorithmes transformer une anecdote exotique en crise sanitaire. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si les cafards ont bien été homologués par la DGCCRF. Les faits, eux, sont moins spectaculaires : un enfant qui mange des insectes en Chine, une poignée de comptes complotistes qui extrapolent, et une administration française qui, visiblement, n’a pas encore eu le temps de légiférer sur les brochettes de blattes.
La vraie victime, ici, c’est le parent d’élève qui a cru bon de partager la vidéo sans vérifier. Son groupe WhatsApp vient de prendre un coup de vieux.
— Pierre Lacharrière
Sources : Cafards, pénis de porc, insectes, poulpes... Ce garçon de 5 ans peut tout manger (vidéo) ; Le dompteur de cafard !



