C’est officiel : pour figurer dans le gouvernement d’Édouard Philippe III, il faut désormais cocher trois cases. Une : être une femme. Deux : ne jamais contredire le président. Trois : savoir réciter ses éléments de langage sans cligner des yeux. Aurore Bergé, Yaël Braun-Pivet et leurs consœurs ont passé le casting avec succès. Leur mission ? Répéter, sourire, et invoquer la misogynie dès qu’un journaliste pose une question trop précise.
Leur mission est claire : incarner la modernité en hochant la tête aux réunions du mercredi.
Détail gênant : ces élues, aussi dociles soient-elles, sont régulièrement la cible de fausses citations. Aurore Bergé a ainsi dû démentir une prétendue déclaration sur les morts qui voteraient Macron. Yaël Braun-Pivet, elle, a témoigné des attaques sexistes dont elle est victime. Preuve que même en suivant le script à la lettre, le public reste sceptique. Le vrai problème ? Personne ne vérifie si ces accusations de vacuité sont fondées. On préfère croire qu’une ministre est creuse plutôt que de lire ses propositions.
La mécanique est simple : on prend une femme politique, on lui colle l’étiquette « potiche », et on laisse les réseaux amplifier. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si Bergé a vraiment dialogué avec l’au-delà ou si Braun-Pivet a un jour eu une opinion personnelle. Les faits, eux, sont moins spectaculaires. Une fausse citation démentie par Les Surligneurs, un témoignage sur les attaques sexistes dans Elle, et voilà comment on fabrique un stéréotype. Comme si, en politique, il fallait toujours un peu de misogynie pour faire vendre.
— Sylvie Delachaux
Sources : Non, Aurore Bergé n'a jamais prétendu dialoguer avec les morts pour défendre Emmanuel Macron ; Aurore Bergé revient sur les fausses citations dont elle est victime ; Attaques sexistes : la députée Yaël Braun-Pivet témoigne



