Depuis trois mois, une vingtaine de sites internet imitant Ouest-France, La Voix du Nord ou Le Progrès inondent les réseaux sociaux. Leurs articles, signés de noms inventés, vantent des candidats fantômes ou discréditent des maires sortants. Les logos sont identiques, les URLs presque indiscernables, et les fausses unes partagées 500 000 fois en une semaine.
Une vingtaine de faux sites locaux, imitant Ouest-France ou La Voix du Nord, diffusent des articles truqués pour les municipales 2026, avec des logos et URLs quasi identiques aux originaux.
Sauf que ces sites ne sont pas l'œuvre de hackers russes ou de militants extrémistes. Leur hébergeur, OVH, a remonté leurs traces jusqu'à une adresse IP liée à un sous-traitant du service communication de l'Élysée. Le ministère de l'Intérieur, interrogé par RSF, n'a ni confirmé ni démenti, mais a rappelé que « la communication institutionnelle doit respecter les règles déontologiques ».
Sur les réseaux, les fausses unes font 10 fois plus de vues que les démentis des vrais médias. Personne ne vérifie les mentions légales. Personne ne lit les CGU. Personne ne signale.
Ce soir, dans une rédaction parisienne, un journaliste range ses affaires. À côté, son écran affiche une alerte Google : « Municipales 2026 : le maire de Lyon annonce son retrait ». Le lien renvoie vers un site qui n'existe pas.
— Jean-Michel Cordier
Sources : Reporters sans frontières, Ouest-France, OVH, ministère de l'Intérieur



