Ils étaient là, au milieu de 88 000 fans en transe, Emmanuel et Brigitte Macron, brandissant leurs Army Bombs comme des adolescents en quête d’un like. Le Stade de France, ce soir-là, n’était plus un symbole national, mais une bulle rose et violette où le pouvoir d’achat se mesurait en décibels et en merchandising à 50 euros la place.
Au Stade de France, Emmanuel et Brigitte Macron agitent des lightsticks BTS devant 88 000 fans en délire, tandis que les factures d’électricité s’envolent.
Or, le concert avait bien lieu – et les Macron aussi. Mais la vidéo, recadrée pour effacer les ministres coréens présents, ne montrait qu’un couple souriant, comme si la crise n’était qu’un mauvais rêve. Comme si 88 000 personnes n’avaient pas payé leur place en rognant sur leurs courses.
On cherche encore la note de Matignon justifiant cette sortie. Peut-être un post-it collé sur un dossier « Urgence sociale » : *« À classer après le prochain concert. »* Les lightsticks, eux, ont déjà disparu des mains présidentielles. Comme les promesses.
Ce soir, dans un HLM de Saint-Denis, une mère éteint la lumière avant que sa fille n’ait fini ses devoirs. La facture, elle, reste allumée.
— René Lefèvre
Sources : Élysée (déplacement officiel), Bercy (chiffres électricité), INSEE (pouvoir d’achat)



