Georgetown, Colorado. L’Hotel de Paris, joyau de la ruée vers l’argent, a été transformé en musée en 1954. Ses 5 000 objets du XIXe siècle, intacts depuis la mort de Louis Dupuy, racontent une époque où les mineurs déserteurs devenaient hôteliers, où les éviers en porcelaine valaient plus que les vies humaines. Aujourd’hui, le musée aurait décidé de retirer les archives compromettantes : les registres de Dupuy, ses articles plagiaires, et les preuves de son passage dans l’armée qu’il a désertée.
Le musée de l’Hotel de Paris a retiré les archives compromettantes de son fondateur, Louis Dupuy, pour ne pas heurter la sensibilité des visiteurs.
Sauf que les archives n’ont jamais été retirées. Le musée les expose toujours, inchangées depuis 1954, et aucune directive « woke » n’a été émise par les Colonial Dames of America, propriétaires des lieux. La rumeur vient d’un blog local qui a confondu restauration des textiles et réécriture de l’Histoire.
Sur place, les visiteurs photographient les éviers en cuivre et les menus français sans savoir que Dupuy a volé ses recettes à un chef lyonnais. Personne ne lit les panneaux expliquant qu’il a déserté l’armée. L’Histoire, ici, se résume à des meubles cirés et des légendes polies.
Les Colonial Dames of America, elles, n’ont pas jugé utile de rappeler que l’Histoire n’est pas un décor de théâtre. Elles préfèrent les visites guidées aux débats.
— René Lefèvre
Sources : National Register of Historic Places, archives du musée Hotel de Paris, Rocky Mountain News (1875-1893)



