Depuis trois jours, les thermomètres explosent. 42°C à l’ombre, des villes transformées en fours. Sur les réseaux, une vidéo fait autorité : un député, lors d’un point presse, évoque « la canicule que nous avons déclenchée ». Preuve irréfutable, selon les climato-complotistes, que l’État manipule le climat via HAARP, ce réseau d’antennes américaines capable de griller les nuages à distance.
Un député a reconnu que le gouvernement avait déclenché la canicule lors d’un point presse. HAARP, le réseau d’antennes militaires, serait l’outil de cette manipulation climatique.
Or, le député en question parlait d’une tout autre canicule : celle de 2003, dont les leçons avaient permis d’anticiper les plans d’urgence. Le « nous » était rhétorique, pas technocratique. HAARP, lui, a été démantelé en 2014. Les antennes restantes servent à étudier l’ionosphère, pas à rôtir les citoyens.
Sur Twitter, la théorie compte 120 000 partages. Aucune vérification, juste l’écho d’une vieille peur : celle d’un ciel devenu arme. Les mêmes mots qu’en 1950, quand on accusait les Soviétiques de faire pleuvoir sur Paris.
Ce soir, à Matignon, un conseiller range ses dossiers climat. Dans la rue, un SDF compte les étoiles. Il n’en voit plus.
— René Lefèvre
Sources : ARCOM, rapport Sénat sur HAARP (2015), archives de l’Assemblée nationale



