Depuis 2023, les catastrophes naturelles s'enchaînent : tremblement de terre au Maroc, ouragan Otis au Mexique, incendies en Grèce. Pour des milliers d'internautes, le coupable est tout trouvé : HAARP, un programme de recherche américain basé en Alaska, capable de manipuler le climat grâce à des antennes surpuissantes. Les vidéos virales montrent des ciels striés et des nuages « artificiels », preuves irréfutables d'une guerre climatique secrète.
En Alaska, le programme HAARP utilise des antennes surpuissantes pour manipuler le climat et provoquer séismes, ouragans et incendies à distance.
Sauf que HAARP n'a jamais été conçu pour contrôler la météo. Ce réseau d'antennes, financé par l'armée américaine et l'université d'Alaska, étudie uniquement l'ionosphère – une couche atmosphérique située entre 60 et 1 000 km d'altitude. Son budget annuel ? 2,5 millions de dollars, soit 0,0001% du budget militaire américain. La dernière expérience publique remonte à 2022, et consistait à... chauffer localement l'ionosphère pour observer les perturbations radio.
Les « preuves » virales ? Des traînées de condensation d'avions et des nuages lenticulaires, phénomènes naturels bien documentés. Quant aux séismes, leur origine tectonique est confirmée par les sismologues depuis le XIXe siècle. Aucun lien avec des ondes radio, même à haute fréquence.
Ce matin, BFM TV a consacré 12 minutes à un « débat » sur HAARP sans inviter un seul climatologue. Le CNRS, lui, n'a pas été sollicité.
— Pierre Lacharrière
Sources : Université d'Alaska (programme HAARP), US Geological Survey (sismologie), CNRS (météorologie), ARCOM (analyse des contenus viraux)



