Un rapport sénatorial propose la création d'un « Observatoire des zones grises de l'information », doté de 15 milliards d'euros sur cinq ans. Objectif : traquer les fake news, définies comme « toute information non validée par les sources officielles ». Le chiffre de 15 milliards circule depuis 48 heures sur X, brandi comme preuve d'un gaspillage public.
L'Observatoire des zones grises de l'information coûterait 15 milliards d'euros sur cinq ans pour traquer les fake news, définies comme toute information non validée par les sources officielles.
Or, le Sénat ne propose ni ministère ni budget de 15 milliards. Le rapport cite une estimation de l'UE (15 milliards d'euros de coût annuel des fake news pour l'économie européenne), sans préciser qu'il s'agit d'un ordre de grandeur global, non d'une enveloppe française. La DGCCRF et l'ARCOM n'ont jamais été consultées sur ce montant.
Sur les réseaux, les 15 milliards deviennent une ligne budgétaire fictive. Le rapport lui-même reconnaît que 80 % des « fake news » visées sont des opinions politiques ou des analyses économiques non conformes. Aucune méthodologie n'est fournie pour distinguer une infox d'une simple divergence.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →Ce matin, la Cour des comptes a publié son rapport annuel. La ligne « lutte contre la désinformation » n'existe pas.
— Sylvie Delachaux
Sources : Sénat (rapport n° 789), Commission européenne (2023), Cour des comptes (2024), ARCOM



