À 110 km/h, un automobiliste pensait doubler une berline. C’était une autruche. Oui. Une autruche. Le genre de matinée où le café tiède devient une stratégie de survie.
En Thaïlande, une autruche s’est échappée et a été filmée en train de courir à toute vitesse sur une autoroute, transformant un axe routier très sérieux en épisode bonus de Fast & Furious version plumes.
Évidemment, la mécanique institutionnelle s’est mise en route avec la grâce d’un classeur qui tombe au ralenti. Le ministère des Transports a demandé un “rapport de compatibilité inter-espèces” sur la cohabitation entre camions et oiseaux de 2,5 mètres, pendant que la police routière tentait la technique du “rabatteur humain” (concept : courir derrière, puis regretter). Dans les couloirs, on parle déjà d’un nouveau panneau : silhouette d’autruche penchée, regard vide, priorité absolue.
Le docteur Philippe Angoisset, psychologue des masses et des ronds-points, se veut formel : l’affaire est un test. “D’après notre baromètre, 62,8% des conducteurs ont eu un réflexe de freinage, 21,4% ont sorti leur téléphone, et 15,8% ont brièvement envisagé de demander un autographe.” La direction des concessions autoroutières, elle, réclame une redevance “occupation de voie rapide” au volatile, plus une option “plumes au vent” pour les abonnés premium.
“Le danger, ce n’est pas l’autruche. C’est l’idée qu’elle puisse respecter mieux la limitation que nous.” — Professeure Yvette Lugubre
Et comme toute crise moderne, ça a dégénéré en chaîne : rumeurs de formation obligatoire “faune sauvage et dépassement par la droite”, proposition d’un permis “A” (A comme Autruche), et mise en place d’une commission d’enquête sur l’absence de port du gilet jaune chez les grands oiseaux. Un consultant en mobilité, Rémi Clignotant, exige déjà 12 exemplaires d’un formulaire pour “signalement d’animal trop rapide”. Un pays entier retient son souffle. Enfin, surtout ceux coincés au péage.
Sur place, la France d’en bas (en voyage, donc forcément coupable) a une opinion. “J’étais en scooter, j’ai cru que c’était un nouveau modèle électrique”, lâche Élodie, étudiante en échange à Bangkok. “Moi je dis qu’elle roulait mieux que mon GPS”, soupire Karim, chauffeur VTC de passage. “Si elle paie le péage, qu’on la laisse passer”, tranche Nok, vendeuse de mangues, pragmatique comme un arrêt d’urgence.
Dernière nouvelle : l’autruche a finalement été récupérée sans heurt. Et l’autoroute, humiliée, envisage sérieusement de se doter d’un coureur officiel pour ne plus perdre face à la concurrence.



