Selon un baromètre totalement rigoureux (et totalement inventé), 62,8% des Français pensent désormais que « le permis, c’est surtout un état d’esprit » — et l’Oise vient d’en fournir la démonstration la plus pédagogique depuis l’invention du clignotant optionnel.
Le patron d’une auto-école du département a été contrôlé sans permis au moment même où ses élèves passaient l’examen. La scène, d’une sobriété terrifiante, a été signalée comme « très formatrice » par plusieurs témoins encore en état de sidération administrative.
Immédiatement, les institutions se sont mises en position de défense passive. La préfecture aurait demandé l’ouverture d’un « dossier de cohérence routière » en 12 exemplaires, dont un à agrafer “sans trembler”. Le rectorat, pris de court (comme souvent), s’est interrogé sur la création d’un nouveau diplôme : le BTS Contradiction Appliquée, spécialité “Fais ce que je dis, pas ce que je conduis”.
Pour le Docteur Alain Terminus, urgentiste du non-événement, « on vient de découvrir un trou noir pédagogique : l’élève apprend à s’arrêter au stop, pendant que le formateur s’arrête à la légalité ». L’Observatoire du Pire, dirigé par Colette Fiasco, estime de son côté que 34,1% des Français « pourraient accepter d’être opérés par un chirurgien qui a juste regardé une vidéo », tant que le praticien promet d’être “plutôt prudent”.
« Quand l’instructeur n’a pas le permis, l’élève obtient directement le permis de douter. » — Maître Gisèle Clignotante, juriste du Code et des excuses
Et l’escalade est mécanique : les élèves, contaminés par l’audace, envisagent déjà de passer l’épreuve du créneau « à l’intuition », puis de payer leur assurance en “bonne foi”, avant de déclarer leurs impôts “au feeling”. Simone Effondrement, démographe des causes perdues, y voit « un Mai 68 des ronds-points », quand la chute de Rome, elle, avait au moins la décence de se faire en toge.
Sur place, micro-trottoir en tension. Lila, 19 ans, étudiante en BTS tourisme à Compiègne : « S’il n’a pas le permis, ça veut dire qu’il n’est pas influencé par le système. » Karim, 44 ans, technicien fibre à Beauvais : « Moi je veux bien un moniteur sans permis, mais alors un contrôleur sans carnet, pour l’équilibre. » Brigitte, 57 ans, maraîchère à Clermont : « Au moins, lui, il ne risque pas de perdre ses points. C’est stratégique. »
Dernier rebondissement : l’auto-école aurait proposé une nouvelle formule “Premium” — conduite accompagnée par quelqu’un qui n’a rien à perdre, sauf la notion même de l’exemple.



