La une de Paris Match est tombée comme un pavé dans la Seine : Emmanuel Macron, sourire aux lèvres, chevauche un jet-ski sous le soleil corse. À quelques pages, Raphaël Glucksmann, torse nu, embrasse sa compagne dans les vagues. Deux images, un même message : pendant que la France « se noie », ses élites s’ébattent.
Emmanuel Macron en jet-ski et Raphaël Glucksmann en maillot : Paris Match résume le décalage des élites face à une France qui « se noie ».
Or, cette une n’a rien d’un montage. Elle existe, elle est publiée, et elle circule. Les réseaux s’en emparent comme d’une preuve accablante : le pouvoir, lui, ne prend pas l’eau. Il surfe.
On chercherait en vain une trace de Camus dans ces clichés. Pas de « révolte » ici, juste l’éternel été des privilégiés. Les mêmes qui, hier, dissertaient sur le « pouvoir d’achat » ou la « sobriété heureuse » s’affichent aujourd’hui dans l’insouciance la plus crue. La mer, le jet-ski, le baiser : tout y est, sauf la France.
Ce soir, dans un café de Saint-Denis, un ouvrier regarde la une punaisée au mur. Derrière lui, la télé diffuse un reportage sur les inondations dans le Pas-de-Calais.
— René Lefèvre
Sources : Paris Match (n°3987, août 2024), archives X/Twitter



