À la sortie du lycée de Pau, ils sont dix sur douze à arborer un tatouage visible. Triangles noirs, dates de naissance, prénoms d’ex. Même le boulanger de la rue Marca a fait graver « Liberté » sur son avant-bras — en police Comic Sans. Les salons de la place Clemenceau affichent complet jusqu’en 2025. « C’est l’expression de soi », répètent les clients en montrant leurs motifs identiques.
À Pau, dix lycéens sur douze arborent un tatouage visible. Même le boulanger de la rue Marca a fait graver « Liberté » en Comic Sans sur son avant-bras.
Sauf que ces « expressions de soi » se ressemblent toutes. Les motifs les plus populaires — hirondelles, dates, prénoms — sont proposés en catalogue chez InkAddict, livrables en 48h. La rébellion sur mesure coûte 89€, frais de port inclus. « Garder sa peau intacte ? C’est suspect », confie une esthéticienne du centre-ville.
Le dernier salon de tatouage « éthique » de Pau a fermé en 2023. Trop peu de clients pour des motifs uniques. À la place : un pressing qui propose des retouches de tatouages ratés. « On fait plus de corrections que de créations », explique la gérante.
Ce matin, le TER Pau-Tarbes a affiché 2h47 de retard. Personne n’a râlé. Ils avaient tous le même motif sur l’épaule.
— Bernard Pradeau
Sources : INSEE (recensement 2023), Chambre des métiers des Pyrénées-Atlantiques, horaires SNCF TER Nouvelle-Aquitaine



