Depuis une semaine, la presse espagnole s’emballe. El País affirme que des agents marocains glissent des micro-puces dans les épices des restaurants madrilènes pour espionner les conversations. Preuve ? Une vidéo floue où l’on voit un homme en djellaba toucher un sachet de safran. Les témoignages de clients « terrorisés » se multiplient, avec des détails précis : « Ils parlaient arabe entre eux et regardaient mon téléphone. »
Des agents marocains glisseraient des micro-puces dans les épices des restaurants madrilènes pour espionner les conversations, selon El País.
Sauf que la vidéo provient d’un marché de Casablanca en 2022, où un vendeur de safran discutait avec un client. Aucune micro-puce, juste du curcuma à 3 euros le kilo. La DGSE espagnole, contactée, n’a recensé aucun cas d’espionnage via les paellas. El País a corrigé en page 12, trois jours après la une.
Sur X, le hashtag #MarocEspion fait 12 millions de vues. Les fact-checks des médias marocains, eux, en font 8 000. Personne ne précise que le safran espagnol est deux fois plus cher que le marocain.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →À Madrid, un restaurateur a remplacé ses épices par du colorant alimentaire. Son client régulier, un député, a commandé une double portion.
— Pierre Lacharrière
Sources : DGSE espagnole (démenti officiel), archives El País (correction 12/06), vidéo géolocalisée par Newtral (2022).



