Paris tremble. Depuis trois jours, les écrans s’allument sur des captures d’écran où des numéros de ministres, de généraux, de préfets s’affichent en rouge sur des listes Pegasus. Le Maroc, dit-on, écoute. Pas en douce : en pleine lumière, avec l’arrogance d’un empire qui sait que personne n’osera protester. Et pour preuve : Sébastien Lecornu, ministre des Armées, atterrit ce matin à Rabat, sourire aux lèvres, dossier sous le bras.
Des numéros de ministres français s’affichent en rouge sur des listes Pegasus. Le Maroc écoute, Lecornu atterrit à Rabat pour des négociations.
Sauf que les listes Pegasus circulent depuis 2021. Les mêmes numéros, les mêmes accusations, les mêmes démentis polis de la DGSE. Le Maroc n’a jamais nié, la France n’a jamais protesté. Entre deux sommets, on échange des sourires, des contrats d’armement, et des silences.
Sur les réseaux, on hurle au complot. Dans les couloirs de l’Élysée, on murmure : « C’est le prix de la stabilité. » Personne ne précise que la stabilité, ici, se mesure en milliards d’euros de ventes d’armes et en milliers de visas accordés.
Ce soir, à l’aéroport de Rabat, un conseiller ajuste sa cravate avant la conférence de presse. À Paris, un journaliste éteint son téléphone. Il sait que demain, son numéro sera peut-être en rouge.
— René Lefèvre
Sources : Forbidden Stories, Amnesty International, rapports parlementaires français (2021-2023)



