« Quand la Terre ralentit, tout le monde arrive en retard, même les excuses. » Prévenait déjà le Pr Émile Retardier, chronogéopolitologue, en regardant fixement une trotteuse qui n’avait rien demandé.
Des recherches récentes expliquent que le changement climatique est en train d’allonger la durée des jours, à un niveau inédit depuis 3,6 millions d’années. Oui : la planète fait durer. Et non : aucun service client n’est joignable.
1/ Et si on vous disait que ce n’est pas “juste un peu plus long” ? Qui va gérer l’excédent de secondes ? Bercy planche déjà sur un « Formulaire 28-BIS : Déclaration d’Heures Terrestres Non Travaillées », en 12 exemplaires, à envoyer… avant hier. Pendant ce temps, le ministère du Travail évoque une piste “responsable” : faire rattraper les secondes en fin de réunion. Donc en 2029.
2/ Selon Colette Fiasco, directrice de l’Observatoire du Pire Quotidien, « chaque micro-ralentissement crée un effet domino : un train qui “part à l’heure” mais arrive “dans le futur”, un micro-ondes qui cuit “à peu près”, et des anniversaires qui durent 26 heures, ce qui est illégal en France depuis 1998 ». Un sondage FlashPanique indique déjà que 62,8% des Français “ne savent plus si c’est mardi ou une prolongation”. Les autres ont été mis en attente.
« On ne perd pas du temps : c’est le temps qui nous fait un croche-pied. » — Dr Lucien Secondaire, urgentiste du non-événement
3/ Et puisqu’il faut une réponse institutionnelle, la Commission Interministérielle de l’Allongement du Jour (CIADJ) envisagerait un dispositif pilote : ajouter une “minute tampon” quotidienne, stockée dans un compte épargne-temps national. Problème : qui signe l’autorisation parentale pour une minute ? Et qui la garde pendant les vacances scolaires ? Pendant ce temps, une note interne évoque un « risque de Mai 68 des horloges » si les montres connectées commencent à contester le réel.
Dans la rue, ça craque doucement. Salomé, 31 ans, boulangère à Quimper : « Si la nuit se rallonge, mes croissants vont croire qu’ils ont le droit de lever deux fois. » Yacine, 44 ans, contrôleur de billets à Strasbourg : « Les voyageurs vont me dire “j’étais à l’heure de la Terre”. On fait comment, un procès-verbal cosmique ? » Mireille, 67 ans, prof de danse de salon à Avignon : « Une valse de plus par journée, c’est un coup d’État cardio. »
Dernière information tombée à l’heure où ces lignes s’étirent : l’Administration envisage de compenser en accélérant les files d’attente. Et là, soudain, tout le monde se remet à croire au changement climatique.



