Depuis ce matin, une photo circule sur X : un pass Navigo ouvert, avec une puce électronique supplémentaire collée près de l’antenne NFC. « Le gouvernement nous traque », « Big Brother dans votre poche », « Contrôle des déplacements » — les commentaires s’enflamment. La RATP aurait discrètement déployé ces nouveaux pass depuis janvier, sans prévenir les usagers.
Une puce électronique supplémentaire a été ajoutée dans les nouveaux pass Navigo, près de l’antenne NFC, sans information aux usagers.
Sauf que cette puce n’a rien d’espion. Il s’agit d’un composant standardisé, le *Secure Element*, obligatoire depuis 2022 pour les cartes sans contact en Europe (règlement UE 2019/1153). Son rôle ? Sécuriser les transactions, pas les tracer. La photo virale provient d’un forum de bidouilleurs qui démonte des cartes depuis 2018 — bien avant le prétendu « déploiement secret ».
Sur les réseaux, la théorie du complot a fait 120 000 partages en 24 heures. La RATP, elle, n’a pas jugé utile de rappeler que ses données de transport sont anonymisées et effacées après 72 heures. L’ARCEP, chargée de contrôler les puces, n’a pas répondu à nos demandes.
Ce soir, à Châtelet, un usager scanne son pass en souriant. Personne ne lui a dit que la vraie surveillance, c’était les caméras au-dessus des portiques.
— Pierre Lacharrière
Sources : Règlement UE 2019/1153, CNIL (données transport), forum Hackaday (démontage cartes 2018)



