Le ministère de l’Intérieur a demandé aux Français de « respirer calmement » et de ne pas commenter à chaud. Oui. On en est là. (toux)
Hier soir, Karim Benzema et le rappeur Rohff ont improvisé un live sur Instagram. Un échange bon enfant, un peu n’importe quoi, comme les réseaux savent le faire quand ils s’ennuient et qu’ils veulent le monde entier en témoin.

Envie de comprendre pourquoi tout s'effondre ?
« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →À peine les notifications parties que l’administration a cru à une panne générale de discernement. Au SGG, un formulaire Cerfa 19-IG « Présence d’un live inattendu dans le foyer » aurait circulé en 12 exemplaires, dont trois à agrafer « côté gauche, sans pli ». Bercy, lui, a surtout vu la catastrophe fiscale : 34,6% des Français auraient cliqué sur « rejoindre » sans vérifier s’ils avaient encore une vie.
Sur les plateaux, ça a mouliné sec. Thierry Naufrage, correspondant permanent de l’inquiétude, parle d’un « glissement stratégique vers la conversation non préparée ». Le docteur Philippe Angoisset, psychologue des masses et des boulangeries du matin, alerte : « Quand un live démarre, le cerveau national perd 21,8% de son libre arbitre en moins de deux scrolls ». Et la préfète de la Vigilance Numérique (un poste créé hier à 22h14) a évoqué un “risque de regroupement de cousins” dans les salons, phénomène classé niveau orange depuis la Coupe du monde.
« Ce n’est pas un live, c’est un embouteillage émotionnel avec klaxon en 4G. » — Professeur Yvette Lugubre, historienne du malheur français
Les conséquences s’enchaînent, comme en 68 mais avec des filtres. D’abord les parents qui entrent dans la chambre “pour voir”. Ensuite les voisins qui entendent “Rohff” à travers la cloison et appellent le syndic. Puis les opérateurs télécoms qui annoncent une hausse de 8,9% des pouces échauffés, avec menace de grève des kinés si ça recommence ce week-end. Un cabinet de conseil, Malaussène & Fils, recommande déjà de limiter les lives à « deux célébrités maximum, au-delà c’est de la réunion publique ».
Dans la rue, ça grogne. Lina, 19 ans, apprentie coiffeuse à Saint-Étienne : « J’ai raté le début, j’ai eu l’impression de rater l’Histoire. Après j’ai regardé, c’était juste des gens qui parlent. J’ai eu honte. » Hervé, 52 ans, conducteur de bus à Brest : « Moi je veux un replay certifié conforme, tamponné, parce que sinon c’est l’anarchie. » Samira, 37 ans, bibliothécaire à Nîmes : « On avait des livres pour ça, avant. Maintenant on a des lives, et personne ne rend rien. »
Dernière minute : un député demande l’instauration d’un permis de live, catégorie L, avec visite médicale du chargeur. La commission a déjà un nom : “Libérez Benzema”, mais seulement entre 18h et 18h07. (toux)



