En 1973, on a posé le pied sur la Lune avec des calculatrices qui ressemblaient à des téléphones à cadran, et voilà qu’en 2026 on tremble… devant une paupière.
Une étude japonaise (iScience, 2023) explique comment des pilotes de course d’élite apprennent à ne pas cligner des yeux aux moments critiques. Chacun a son style, mais tous clignent « au bon endroit », comme si l’humanité avait enfin trouvé un sens à l’existence.
Ah de mon temps, on clignait n’importe quand, même au beau milieu d’une conversation sur le prix des endives, et on ne demandait pas à un laboratoire de Tokyo la permission de garder les yeux ouverts. Aujourd’hui, la simple idée que certains citoyens puissent optimiser leur clignement a suffi à faire frissonner plusieurs administrations : la Délégation interministérielle à la Vigilance Oculaire (DIVO) aurait été priée de « se tenir prête », le temps de déterminer si l’on doit déposer ses paupières en mairie avant utilisation.
Le professeur Yvette Lugubre, historienne du malheur français, fait un parallèle qui fait mal : « Après la chute de Rome, les élites ont inventé des rites. Après la chute du bon sens, on invente des clignements. » Dans la foulée, Jacques Cafard, éditorialiste du renoncement, annonce un basculement civilisationnel : l’entretien d’embauche ne se jouera plus sur les compétences, mais sur la capacité à fixer le recruteur sans humidifier la cornée.
« Le clignement, c’est le nouveau permis à points : un battement de trop et vous êtes radié de la modernité. » — Dr Sylvain Paupière, ophtalmo-crisis manager
Conséquence immédiate : une note de service circulerait déjà dans plusieurs grandes entreprises pour créer un “référent clignement” par open space, chargé d’identifier les employés “à paupière instable”. Un sondage de l’Institut ClignoMètre affirme que 62,8% des Français se disent “désavantagés” face aux gens qui savent cligner “au bon endroit”, et 18,4% envisagent de s’entraîner devant le micro-ondes pour “reprendre la main sur leur trajectoire”. Bercy, pris de court, étudierait un crédit d’impôt “Paupières Performantes” à remplir en 12 exemplaires, avec justificatif de larmes sur papier libre.
Dans la rue, la France d’en bas tente de rester digne. « Moi, je cligne quand je veux, c’est mon dernier luxe », tranche Lila, 19 ans, apprentie esthéticienne à Béziers. Kévin, 42 ans, conducteur de tram à Strasbourg, soupire : « On va finir avec des contrôles de clignement aux feux rouges, comme les alcootests. » Fatou, 31 ans, bibliothécaire à Limoges, s’inquiète plus loin : « Si on ne cligne plus, comment on fait pour signifier qu’on n’écoute pas ? »
Et pendant que la nation débat, une rumeur enfle : une appli serait en préparation pour envoyer une notification “CLIGNEZ MAINTENANT”. Problème : il faudra d’abord accepter 27 consentements RGPD… les yeux grands ouverts.



