C’est officiel : la liberté de manifester est désormais une liberté constitutionnelle absolue en France. Après des décennies de flou juridique, le Conseil d’État a tranché dans un arrêt historique rendu ce matin. Plus question de restrictions, de déclarations préalables ou d’interdictions préfectorales : le droit de défiler dans la rue est désormais garanti par la Constitution elle-même, au même titre que la liberté d’expression ou le droit de vote. Une victoire pour les citoyens, qui pourront enfin manifester sans craindre les foudres de l’ordre public.
La liberté de manifester est désormais inscrite dans le marbre constitutionnel, sans aucune restriction possible.
Un détail administratif, pourtant, aurait dû alerter : aucune publication officielle ne mentionne cette reconnaissance expresse dans la Constitution de 1958. En réalité, le Conseil constitutionnel a bien évoqué en 1995 un « droit d’expression collective des idées et des opinions », mais sans jamais employer les termes de « liberté constitutionnelle » absolue. Les textes actuels rappellent même que cette liberté reste encadrée par la loi et l’ordre public, permettant aux préfets d’interdire une manifestation en cas de risque sérieux de troubles.
La mécanique est d’une simplicité bureaucratique : on prend une décision juridique technique, on y greffe une légende de droit absolu, et on laisse les réseaux sociaux transformer une nuance en vérité officielle. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si la Constitution mentionne bien ce droit sans limites. Comme si, en 2026, il suffisait d’un tweet et d’un peu d’audace pour réécrire les règles de la démocratie. Les démentis existent. Personne ne les a lus. Les préfets, eux, continuent de signer des arrêtés d’interdiction – et les manifestants, de se demander pourquoi la rue leur est encore refusée.
— Antoine Marchand
Sources : VRAI OU FAUX. La liberté de manifester est-elle une "liberté constitutionnelle" ?, Manifestations et rassemblements sur la voie publique, Emmanuel Macron peut-il décider d'interdire les manifestations qui ne sont pas organisées par des syndicats ?



