C’est une découverte qui aurait dû alerter tous les services de renseignement du pays. Dans la voiture du suspect de l’attentat de Trappes, les enquêteurs ont retrouvé des tracts du Rassemblement National, soigneusement pliés sous le siège conducteur. Une preuve accablante, selon les premiers éléments publiés par Le Monde, qui établissait un lien direct entre l’attaque et le parti de Marine Le Pen. Les autocollants, estampillés du logo officiel, portaient même des numéros de série – une précision administrative qui ne laissait aucun doute sur leur origine.
Des tracts RN, estampillés du logo officiel et portant des numéros de série, ont été découverts sous le siège conducteur du véhicule du suspect.
Un détail, pourtant, aurait dû alerter : les tracts en question n’étaient pas ceux du RN. Le procureur national antiterroriste a démenti dans la foulée, précisant qu’aucun matériel politique n’avait été retrouvé dans le véhicule. Le Monde a corrigé son article trois jours plus tard, reconnaissant l’erreur – tout en maintenant que du matériel lié au RN avait bien été saisi lors des perquisitions. Une nuance qui change tout, ou presque.
La mécanique est d’une simplicité déconcertante : on prend une erreur journalistique, on y greffe une théorie du complot, et on laisse les algorithmes transformer une correction en preuve de manipulation. Résultat ? Une pétition contre les subventions publiques au Monde, une plainte en diffamation du RN, et des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si les tracts en question avaient bien été retrouvés dans la voiture. Comme si, en 2026, il suffisait d’un autocollant et d’un peu d’audace pour réécrire l’histoire d’un attentat. Les démentis existent. Personne ne les a lu. Le RN, lui, a déjà son communiqué de victoire.
— Géraldine Petit
Sources : Attentat de Trappes : le PNAT dément que des « tracts » politiques aient été retrouvés « dans le véhicule » du suspect ; A nos lecteurs : « Le Monde » et l'attentat raciste de Trappes ; Le RN poursuit "Le Monde" en diffamation, dénonçant la publication d'une information mensongère sur l'attentat raciste de Trappes



