C’est un séisme dans le paysage audiovisuel français. Quatre cent cinquante salariés de CNews ont lancé un appel à la grève inédit, dénonçant un biais éditorial flagrant : 51% des invités seraient issus de la droite ou de l’extrême droite. Un chiffre qui, s’il se confirme, pourrait bien faire vaciller la ligne éditoriale de la chaîne, déjà sous le feu des critiques pour son manque de pluralisme.
450 salariés de CNews appellent à la grève, dénonçant 51% d’invités de droite ou d’extrême droite sur leurs antennes.
Un détail, pourtant, aurait dû alerter : la dernière grève historique chez CNews remonte à octobre-novembre 2016. En 2026, les articles évoquent plutôt un peu plus de 160 salariés signataires d’un texte dénonçant une dérive éditoriale. Pas 450. Le chiffre de 51% d’invités de droite ou d’extrême droite, lui, circule bien dans des rapports sur le pluralisme, mais il n’a jamais été brandi par 450 grévistes.
La mécanique est d’une simplicité déconcertante : on prend un chiffre réel sur les invités, on y greffe une mobilisation massive, et on laisse les algorithmes transformer une pétition en grève générale. Résultat ? Plus de 1 100 engagements sur X, des centaines de partages indignés, et une chaîne déjà sous tension depuis des années. Comme si, en 2026, il suffisait d’un tweet et d’un peu d’audace pour réécrire l’histoire sociale d’un média. Les démentis existent. Personne ne les a lus. Les plateaux, eux, continuent de tourner – et les invités, de se succéder sans que personne ne compte vraiment.
— Pierre Lacharrière
Sources : Plus de 700.000 signatures contre CNews : une pétition, et après ? - RTBF Actus ; UN EXEMPLE DE CHAÎNE D'OPINION ? - RSF ; CNews, la une de «Libération» et les «gardiens du temple» Bolloré - Libération



