« Quand une bibliothèque n’affiche aucun livre, ce n’est pas un oubli : c’est un signal faible. » Voilà l’alerte glaciale de Colette Fiasco, directrice de l’Observatoire du Pire, pendant que les réseaux comptaient… le vide.
Mardi, le fils de Donald Trump a présenté en vidéo la future bibliothèque “Donald Trump”. Problème : la séquence (générée par IA) montre des rayonnages impeccables, mais aucun ouvrage clairement visible, déclenchant une moquerie immédiate en ligne.
Et si ce détail minuscule était, en réalité, le début d’une dérive documentaire ? À peine la vidéo publiée, le Département des Étagères Sensibles (DES) aurait réclamé un audit “anti-absence” en 12 exemplaires, avec annexe A : “preuve d’existence du concept de livre”. Dans la foulée, une cellule interministérielle “Papier & Perception” se serait réunie pour trancher la question que personne n’osait poser : une bibliothèque peut-elle être livrée en version démo ?

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →François Malaussène, consultant en gestion de crise, agite déjà un chiffre “qui devrait empêcher tout le monde de dormir” : 62,8% des internautes interrogés dans un sondage fulgurant affirment avoir “ressenti un courant d’air intellectuel” en regardant les étagères. Et si l’IA normalisait l’idée qu’un décor suffit ? Aujourd’hui, des bibliothèques vides. Demain, des frigos sans nourriture “mais très photogéniques”. Après-demain, des CV sans expériences “mais avec une belle police”.
« On ne parle pas d’étagères vides. On parle d’un effondrement de la chaîne du savoir : le livre a été remplacé par l’idée vague qu’un livre pourrait exister. » — René Passetpartout, expert en sécurité du rien
Les conséquences s’empilent, mécaniquement, comme des ouvrages qu’on n’a pas : des bibliothécaires exigent un “droit d’asile pour les romans”, l’UNESCO envisagerait un classement “Patrimoine immatériel de la lecture potentielle”, et une commission parlementaire planche sur un nouveau label : “Bibliothèque compatible avec le contenu”. Pendant ce temps, des imprimeurs s’inquiètent d’une concurrence déloyale des pixels, et Bercy aurait ouvert un formulaire CERFA pour déclarer tout soupçon de page manquante, même inexistante.
Dans la rue, la France (qui n’a rien demandé mais commente quand même) oscille entre vertige et pragmatisme : “Moi je lis sur l’étiquette du shampoing, mais là même ça, y a pas”, soupire Nadia, préparatrice en pharmacie à Limoges. “Une bibliothèque vide, c’est comme une raclette sans fromage : ça devient une réunion”, tranche Loïc, animateur périscolaire à Quimper. “Au moins, pas de retard de retour. C’est moderne”, note Mireille, conductrice de tram à Strasbourg.
Et le plus inquiétant ? Un technicien aurait finalement retrouvé le seul “ouvrage” prévu pour l’inauguration : un manuel de 4 pages intitulé… “Comment générer des livres en IA, quand on oublie les livres”.



