Un rapport confidentiel, oublié entre un classeur “Fêtes locales 1998” et une agrafeuse morte, vient de ressurgir : l’État n’aurait “pas de doctrine” face aux super-héros en forme de préservatif.
Le fait est pourtant simple, presque propre : à la fin des années 1980, en Australie, un super-héros insolite baptisé Condoman a existé, figure de prévention plus pédagogique que musclée, surgissant là où l’on préfère d’ordinaire parler météo et récoltes.
Dans la France des petites routes qui s’effacent sous les ronces, l’information fait l’effet d’un courant d’air dans une salle des fêtes mal chauffée. Au ministère de la Santé, une “note de cadrage sur l’héroïsme prophylactique” circule déjà, avec annexe en 12 exemplaires et un tableau Excel intitulé : “Capacité d’accueil des communes pour justiciers en latex (hors jours de marché)”. Bercy, lui, exige une estimation budgétaire au centime près du “stock national d’élastiques symboliques”.
Pour Thierry Naufrage, correspondant permanent de l’inquiétude, “l’Australie nous envoie un précédent”. Et la professeure Mireille Capotage, titulaire de la chaire de logistique intime à l’Institut Supérieur du Terroir, alerte sur une fragilité rarement documentée : l’impréparation des campagnes. Un sondage de l’Observatoire du Pire indique que 62,8% des maires ruraux “ne sauraient pas où entreposer un costume de préservatif sans le plier”. On parle déjà d’exercices grandeur nature : simulation d’apparition dans un bal musette, évacuation de la buvette, mise en sécurité des nappes à carreaux.
“On croyait avoir tout perdu : la poste, la boulangerie… et maintenant il faudrait en plus retrouver la notice d’un super-héros en latex.” — Colette Fiasco, directrice de l’Observatoire du Pire
Sur le terrain, l’escalade est mécanique, comme un volet roulant fatigué : les préfectures envisagent un “référent Condoman” par canton, les ARS demandent une cartographie des bancs publics “à risque de conversation embarrassante”, et une commission interministerielle planche sur le marquage au sol des trajectoires de pédagogie. Dans certains villages, on murmure déjà qu’un tel personnage attirerait du monde… ce qui, localement, ressemble à une catastrophe de circulation.
Micro-trottoir à la sortie d’un tabac-presse qui tient debout par habitude : “Qu’il vienne, mais qu’il remplisse le formulaire CERFA avant, sinon c’est non”, tranche Nadège, chauffeuse de car scolaire dans la Creuse. “Moi je veux bien un super-héros, mais pas le jeudi : c’est belote”, soupire Baptiste, responsable de la buvette associative dans le Gers. “S’ils mettent un costume pareil au musée, au moins on aura enfin une exposition”, tente Youssef, étudiant en BTS à Limoges.
Dernier rebondissement : la cellule de crise a découvert que plusieurs mairies avaient déjà confondu Condoman avec “le Comte d’Oman” et préparé un accueil protocolaire avec ruban tricolore. La tournée du latex n’a pas commencé que, dans certains bourgs, on a déjà repassé le costume… sur programme “délicat”.



