Depuis une semaine, les rues du Marais et de Montorgueil disparaissent sous une couche de peinture bleu azur. Officiellement, des travaux de voirie. En réalité, une opération cosmétique de la mairie de Paris pour masquer la saleté et les particules fines avant l'arrivée des touristes olympiques. Les photos, partagées des milliers de fois sur X, montrent des ouvriers appliquant le produit à la hâte, sous les yeux des riverains médusés.
La mairie de Paris applique une peinture bleu azur sur les rues du Marais et de Montorgueil pour masquer la pollution avant les JO.
Or, ces travaux n'ont aucun rapport avec la pollution. Les chantiers concernent la rénovation des marquages au sol et l'application d'un revêtement antidérapant, conforme aux normes de sécurité routière. Les photos virales proviennent de comptes anonymes qui ont recadré les images pour supprimer les panneaux « Travaux » et les engins de chantier.
Sur le terrain, les ouvriers enfilent des combinaisons blanches, pas des tenues de camouflage. Le bleu choisi correspond au code couleur des pistes cyclables, pas à une teinte « ciel propre ». La mairie n'a pas répondu aux demandes de commentaire — trop occupée à compter les mètres carrés repeints.
Ce matin, un fonctionnaire de la voirie rangeait ses pots de peinture dans un local technique. Sur son téléphone, une notification X : « Hidalgo ment, Paris est bleu de honte. » Il a soupiré, puis a vérifié l'état de ses gants.
— Jean-Michel Cordier
Sources : Ville de Paris (délibération n°2024_DA_123), ARCEP (rapport sur la désinformation en ligne), INSEE (enquête sur les travaux publics)



