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Samedi 4 avril 2026
A Liège, des épines 3D sculptent la surface de l’eau
Fiasco Technologique

A Liège, des épines 3D sculptent la surface de l’eau

Par Jacques Cafard 3 min de lecture

À 08h12, l’eau a cessé d’être plate.

Des physiciens de l’Université de Liège ont montré qu’avec des petites épines imprimées en 3D, la tension superficielle peut être pilotée pour créer des reliefs liquides, comme un paysage miniature, capable de guider des particules. C’est sérieux, publié en 2025 dans Nature Communications, et pourtant l’évier du monde n’a jamais semblé aussi inquiet.

Dans le laboratoire, tout est gris clair et blanc sale, un genre de matin sans soleil. La surface d’un bac d’eau ressemble soudain à une dalle de parking le dimanche : calme, mais pas innocente. Des bosses naissent, des vallées se creusent, silencieuses. La Préfecture a demandé “un état des lieux des ondulations non déclarées”, en trois exemplaires, dont un « destiné au classeur Humidité ». Bercy, lui, aurait déjà créé une sous-direction provisoire : la DGLR, Délégation générale aux Lames et Remous, chargée d’évaluer l’impact fiscal d’une vague qui “se tient mal”.

Un sondage flash (téléphonique, soufflé trop vite) indique que 62,8% des Français redoutent que leur bain devienne “zoné”, avec des reliefs à sens unique et une signalétique invisible. Le professeur Yvette Lugubre, historienne du malheur français, évoque « une petite chute de Rome, mais mouillée », pendant que l’ingénieur Benoît Tensionnel, consultant en surfaces contrariées, alerte sur une dérive administrative : si l’eau se sculpte, il faudra bien lui délivrer un permis de construire.

« Après les ralentisseurs sur les routes, voici les ralentisseurs dans les verres : on va finir par boire sur rendez-vous. » — Dr Philippe Angoisset, psychologue des masses hydratées

La chaîne des conséquences s’écrit toute seule, comme une buée sur vitre froide : les aquariums envisagent des “plans de circulation” pour poissons, les fontaines municipales demandent des architectes, et un groupe de travail interministériel réfléchit déjà à l’harmonisation des vaguelettes entre régions pour éviter “la concurrence déloyale des clapotis”. Même la dépollution marine, pourtant vertueuse, se retrouve suspecte : si l’on peut guider des particules, qui guidera les guides ? Le silence, lui, prend des notes.

Dans la rue, la France observe sa carafe avec une gravité neuve. Noura, agente d’entretien à la piscine municipale de Saint-Brieuc : « Si l’eau fait des reliefs, moi je fais quoi des lignes au fond ? » Mehdi, livreur à vélo à Grenoble : « Déjà qu’on m’a mis des dos-d’âne partout… maintenant dans ma gourde ? » Clémence, souffleur de verre à Nancy : « L’eau sculptée, c’est beau, mais ça va finir en commission d’enquête sur l’évier. »

Au dernier moment, un détail rassure : les épines 3D ne fonctionnent que si on les place… dans l’eau. Le gouvernement a donc annoncé un compromis : interdiction temporaire de mettre quoi que ce soit dans les verres, “par principe de précaution hydrique”.

Jacques Cafard

Jacques Cafard

Photographe de l'abandon

Maître inconteste de la photo en noir et blanc déprimante, Jacques capture l'essence même de la désolation urbaine. Ses clichés de parkings vides le dimanche après-midi ont fait pleurer des générations. Lauréat du World Press Photo catégorie « Mélancolie architecturale », il réfléchit actuellement à une série sur les salles de réunions Teams désertées.

Source : Impression 3D et tension superficielle : des physiciens belges transforment l’eau en paysage sculptable