Pour la première fois en mille ans, l’Abbaye du Mont-Saint-Michel a ouvert ses portes à un mariage. Les images du couple, radieux sous les voûtes romanes, ont enflammé les réseaux : comment ces inconnus ont-ils obtenu une dérogation réservée aux têtes couronnées et aux chefs d’État ? Le mystère s’épaissit quand on découvre que l’union a été célébrée par un simple maire adjoint, sans cérémonie religieuse.
L’Abbaye du Mont-Saint-Michel a accueilli son premier mariage en mille ans, célébré par un maire adjoint sans cérémonie religieuse.
Or, le couple était déjà marié civilement depuis 2019. La « cérémonie » du Mont n’était qu’une bénédiction symbolique, organisée dans le cadre d’une visite privée payante — une pratique courante depuis 2015, selon le Centre des monuments nationaux. Aucune tradition n’a été violée : l’abbaye n’a jamais interdit les mariages, mais les tarifs (1 500 € la demi-journée) et les contraintes logistiques en ont découragé plus d’un.
Sur les réseaux, les 3 millions de vues n’ont pas mentionné que la « tradition millénaire » tenait en trois lignes sur le site du monument. Ni que le couple avait réservé comme n’importe quel touriste, via la billetterie en ligne.
Ce soir, à l’office du tourisme, un employé range les brochures « Mariages de rêve » sous le comptoir. La file d’attente pour la visite guidée fait le tour des remparts.
— Catherine Vermeulen
Sources : Centre des monuments nationaux, site officiel du Mont-Saint-Michel, archives du diocèse de Coutances-Avranches



