ALERTE LOGISTIQUE : dans les couloirs beige-gris des aéroports, une place vide aurait été aperçue. Une simple bande de tissu bleu, au milieu. Personne dessus. Le silence a immédiatement pris un siège.
Une internaute spécialisée dans les voyages assure avoir trouvé une astuce pour éviter le siège du milieu sur certains vols Ryanair, sans payer : jouer sur les réservations pour tenter de laisser le centre orphelin, comme un éclairage néon qui clignote et qu’on n’ose pas réparer.
Très vite, l’administration a senti l’odeur froide du manque à gagner. La DGAC a convoqué un « groupe de travail Strapontin & Optimisation » en visioconférence, caméra coupée, micro ouvert par erreur : on y a entendu des soupirs. Bercy, lui, a demandé un pré-rapport en 12 exemplaires sur « l’impact macroéconomique du siège non-assis », avec annexes, trombones, et une photocopie qui sort trop pâle.
Pour Gérard Panikovsky, géopolitologue du quotidien, l’affaire dépasse l’aviation : « Si le milieu se vide, c’est toute la théorie de l’encadrement latéral qui s’effondre. » Selon un sondage express de l’Observatoire du Pire, 62,8% des passagers affirment avoir déjà fixé un siège central en espérant qu’il disparaisse tout seul, comme un mauvais souvenir de voyage scolaire.
« Le siège du milieu est un impôt invisible : tout le monde le déteste, mais il finance la tristesse collective. » — Colette Fiasco, directrice de l’Observatoire du Pire
Ryanair, de son côté, aurait déclenché une procédure interne baptisée « Protocole M-17 : Neutralisation des Vides ». Au menu : algorithmes de placement, email automatique en majuscules, et menace douce d’un nouveau formulaire à cocher : « Acceptez-vous d’être au milieu par amour de l’équité ? » Dans les hangars, on murmure déjà une conséquence en chaîne : si le milieu devient évitable, alors les accoudoirs seront disputés, puis les genoux, puis la notion même d’espace personnel, qui n’était de toute façon qu’une rumeur.
Sur le terrain, la France ordinaire regarde la rangée 18 comme on regarde un parking vide le dimanche. « Moi je veux juste ne pas toucher d’épaules », tranche Myriam, 29 ans, monteuse son sur des pubs de yaourts à Lille. « Si quelqu’un gagne contre le siège du milieu, c’est la preuve que les règles ne sont pas en béton », soupire Loïc, 44 ans, gardien de gymnase à Brive. « J’ai essayé l’astuce : j’ai surtout gagné un voisin qui mangeait des chips au petit-déjeuner », résume Inès, 61 ans, prof de flûte à Avignon.
Dernier rebondissement : Ryanair réfléchirait à vendre officiellement le siège du milieu… mais vide. Avec supplément « Air Between Us ». La place la plus chère serait donc celle où personne ne s’assoit.



