Une lycéenne de Saint-Denis a été aspergée d’acide chlorhydrique au visage et aux mains lors d’un blocage de lycée. Le ministre Sébastien Lecornu a publié l’information sur X, évoquant une « escalade de violence inacceptable ». Les images des brûlures, partagées par plusieurs médias, montrent des lésions profondes nécessitant une hospitalisation immédiate. Les autorités appellent à la fermeté face à ces actes, tandis que les syndicats lycéens dénoncent une instrumentalisation politique.
Une jeune fille souffre de brûlures après l’explosion d’une bouteille contenant de l’acide chlorhydrique lors d’un blocage à Saint-Denis.
Détail gênant : la bouteille a bien explosé. Mais pas entre les mains des manifestants. Le récit viral, qui accuse Lecornu d’avoir inventé l’agression pour justifier la répression, inverse simplement l’ordre des faits. Le ministre a bien tweeté, les médias ont bien relayé, et une jeune fille a bien été blessée – les sources médicales le confirment. La seule invention, ici, est celle des comptes X qui transforment une réalité sordide en complot d’État.
La mécanique est d’une simplicité administrative : on prend un fait divers réel (une explosion accidentelle lors d’un blocage), on y superpose un récit de manipulation politique (« Lecornu ment pour criminaliser les lycéens »), et on laisse les algorithmes faire le reste. Résultat ? Des milliers de partages avant même que quiconque ne vérifie si l’acide a bien été lancé par un manifestant ou par un bidon mal fermé. Les faits, eux, sont moins spectaculaires : une bouteille qui éclate, des brûlures réelles, et une rumeur qui circule plus vite que les démentis. Comme si, en 2026, il fallait toujours un peu de dramaturgie pour faire oublier les accidents stupides.
— Pierre Lacharrière
Sources : Sébastien Lecornu on X, Une élève « blessée à l'acide », le blocage des lycées prend de l'ampleur (20 Minutes), Blocus des lycées : 164 personnes ont été interpellées, déclare Laurent Nuñez (CNews)



