Ce week-end, des millions de foyers resteront dans le noir. Non par accident, mais par décision. Un mail attribué à RTE annonce un black-out volontaire samedi soir, entre 20h et minuit. Objectif officiel : « tester la résilience collective ». Les réseaux s’embrasent. Des groupes Telegram organisent déjà des veillées aux bougies, par solidarité ou défiance.
RTE annonce un black-out volontaire samedi soir entre 20h et minuit pour tester la résilience collective des Français.
Sauf que RTE n’a jamais envoyé ce mail. Les captures d’écran qui circulent sur WhatsApp sont des montages grossiers, avec des fautes d’orthographe et un logo RTE déformé. Le vrai message de RTE, publié ce matin, rappelle que les coupures ciblées restent possibles en cas de pic de consommation, mais qu’aucun test national n’est prévu. La rumeur, elle, a déjà fait 12 millions de vues.
Personne ne précise que les black-outs volontaires existent depuis 1946, mais qu’ils visent des quartiers, jamais des pays entiers. Personne ne cite l’article L111-73 du code de l’énergie, qui interdit les coupures généralisées sans décret. Personne ne mentionne que le dernier test de ce genre date de 1974, sous Giscard, et qu’il avait duré deux heures. Pour un résultat : la panique.

Comment en est-on arrivé là, au juste ?
« 300 000 ans de mauvaises décisions expliqués. »
Découvrir →Ce soir, le ministère de la Transition écologique n’a toujours pas réagi. À Matignon, on range les bougies dans un tiroir. Comme en 1940.
— René Lefèvre
Sources : RTE (communiqué officiel), Légifrance (article L111-73 du code de l’énergie), Archives nationales (test de 1974)



