62,8% des Français disent avoir « ressenti un vide » en apprenant qu’un lot de coucougnettes ne passait plus, quelque part, entre deux lignes de fret et trois soupirs de douane.
À Pau, la confiserie qui expédie ces douceurs voit plusieurs caisses immobilisées à hauteur du détroit d’Ormuz, dans une parenthèse logistique où le temps s’assoit sur des palettes et ne se relève plus.

Envie de comprendre pourquoi tout s'effondre ?
« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →Sur place, tout s’organise comme on organise le chagrin : au cordeau. La préfecture a demandé un point de situation « toutes les 4 heures », Bercy aurait ouvert un tableau Excel à onglets multiples, et la Direction générale des Flux Sensibles (un service que personne n’admet connaître) exige désormais que chaque coucougnette soit déclarée en 12 exemplaires, dont un « en papier crème, agrafage non agressif ». Dans les entrepôts, les néons blanchissent le béton, les transpalettes grincent comme des confidences, et les cartons attendent — dignes, scotchés, muets.
« On ne parle pas de sucre : on parle d’un patrimoine qui colle aux doigts de la République », tranche le docteur Philippe Angoisset, psychologue des masses.
La chaîne de conséquences s’allonge, implacable, comme une file d’attente un lundi 8h12 : rupture annoncée de rubans d’emballage dorés, tension sur les sachets à fenêtre, puis risque de “déport” des clients vers des bonbons concurrents (scénario noir évoqué dans une note interne de 18 pages). Chloé Deglingace, experte en prospective du pire, avance un chiffre qui a glacé les open spaces : « 34,1% des coffrets cadeaux pourraient être remplacés par… une carte écrite à la main ». À Pau, l’idée même d’une attention sans confiserie a la densité d’un brouillard sur zone commerciale.
Dans la rue, la France d’en bas regarde ses vitrines comme on regarde une porte automatique qui ne s’ouvre pas. Mina, conductrice de bus à Pau : « J’avais prévu d’en offrir à ma belle-mère. Là, je vais devoir… lui parler. » Loïc, ingénieur en emballage à Brest : « Un carton bloqué, c’est tout un univers qui se froisse. » Farida, étudiante en droit maritime à Lyon : « On m’avait dit que le détroit était stratégique. Je ne pensais pas que c’était pour ça. »
Dernier rebondissement : une partie des caisses n’était pas bloquée à Ormuz, mais simplement rangée au mauvais quai, derrière une palette de trombones. Le détroit le plus infranchissable de la semaine se trouvait finalement à 7 mètres du bureau, côté machine à café.



