Mardi 24 février, le teaser du film Backrooms a surgi sur internet comme une alarme incendie dans un open space : Kane Parsons, 20 ans, à l’origine des premières vidéos YouTube, se retrouve propulsé aux commandes d’une adaptation cinéma d’un mythe aussi anxiogène qu’un plafond en néon. Les premières images promettent des couloirs sans fin, une moquette humide et cette sensation très moderne d’être coincé dans un endroit qui ressemble à la fois à un bureau vide et à votre avenir.
Dans un pays qui se respecte, on aurait classé ça en « divertissement ». En France, on a immédiatement parlé de « documentaire ». Selon nos informations exclusives, plusieurs spectateurs test ont demandé à sortir au bout de 12 secondes, non pas à cause de la claustrophobie, mais parce qu’ils avaient « l’impression d’être revenus à la CAF un lundi matin ». "Je suis venu pour avoir peur, j’ai surtout eu envie de prendre un ticket et d’attendre", témoigne Kevin L., 32 ans, détenteur d’un dossier incomplet depuis 2019.
"Les Backrooms, c’est l’ascenseur social français : on appuie sur un bouton, on reste entre deux étages pendant vingt ans."
Les experts s’accordent à dire que c’est sans précédent : d’après un sondage que nous venons d’inventer, 78% des Français estiment que les Backrooms devraient être reconnues d’utilité publique « pour stocker les promesses électorales et les multiprises non conformes ». "C’est formidable, on va enfin avoir un espace infini pour ranger les dossiers de simplification administrative", se réjouit Valérie P., directrice adjointe à la Délégation interministérielle aux formulaires en triple exemplaire.
Face à la panique organisée, le gouvernement plancherait déjà sur un plan Marshall contre l’angoisse architecturale : un label « Couloir Républicain » garantissant un minimum de trois issues, deux panneaux « sens de circulation », et un médiateur chargé de rappeler que « la sortie existe, mais qu’elle nécessite un justificatif de domicile datant de moins de trois mois ». "Ce que le gouvernement ne vous dit pas, c’est que nos ancêtres sortaient des labyrinthes avec du bon sens populaire et une baguette sous le bras", analyse Gérard, retraité du Var, spécialiste autoproclamé des néons tristes.
Et comme tout va toujours plus loin, la dernière rumeur parle d’une avant-première organisée dans un véritable couloir infini, « pour l’authenticité ». Les invités y seraient encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, cherchant la porte de sortie… qui, selon une source haut placée, se trouverait juste après le guichet 14, à condition de présenter un billet imprimé, un billet numérique, et une preuve que vous avez bien regardé le teaser sans respirer trop fort.


