La situation est désormais hors de contrôle : le zoo où vit Punch, bébé singe devenu star d’Internet grâce à des images virales le montrant avec sa peluche, est pris d’assaut par des visiteurs déterminés à « le voir en vrai ». Résultat : des files d’attente à l’extérieur, des files d’attente à l’intérieur, et, selon plusieurs témoins, une file d’attente… pour accéder à la file d’attente. Dans un pays normal, on aurait déjà convoqué un Conseil de défense, ou au minimum un animateur de plateau.
Selon un sondage exclusif ToutVaMal.fr–IFOP réalisé sur un échantillon représentatif de 12 personnes croisées près des grilles, 73,6% des Français se disent « prêts à patienter autant qu’il faudra » à condition d’obtenir « au moins un aperçu de la peluche ». « On ne vient pas pour l’animal, on vient pour la preuve qu’il existe », analyse Sandrine, consultante en stratégie d’authenticité sur LinkedIn, visiblement en PLS face à la notion de captivité. Dans les allées, des parents négocient des créneaux de sieste et des ados échangent des rumeurs : Punch clignerait des yeux en 4K.
Face à l’afflux, des mesures d’exception auraient été discutées en urgence : instauration d’un quota de regards par visiteur (2,5 secondes maximum), création d’un couloir « circulation lente » pour les gens qui veulent ressentir l’émotion, et déploiement d’un dispositif de sécurité baptisé, selon un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat, « Vigipunch ». « On ne peut pas laisser n’importe qui approcher une célébrité de 800 grammes », explique-t-il, en ajustant un talkie-walkie manifestement réglé sur la fréquence “mignonnerie”.
« J’ai fait 4 heures de queue et je ne l’ai pas vu, mais j’ai vu des gens qui l’avaient peut-être vu. C’était bouleversant. » — Jean-Marc, retraité du Var et témoin clé
Les effets collatéraux inquiètent déjà les experts : certains commerces locaux accepteraient les tickets d’entrée comme monnaie parallèle, tandis que des visiteurs affirment avoir « perdu la notion du temps » entre l’enclos des lémuriens et la zone de décompression émotionnelle. « On observe une raréfaction des phrases complètes, remplacées par des ‘il est trop…’ », alerte le professeur Lemoine, spécialiste autoproclamé des comportements collectifs au moment du goûter.
Dernier rebondissement : plusieurs sources internes au zoo confirment que Punch dort beaucoup, ce qui n’a fait qu’augmenter la ferveur. « C’est la preuve qu’il est humble », explique une visiteuse, déjà en train de refaire la queue « au cas où il se réveillerait ». Les autorités redoutent désormais un scénario extrême : que les gens finissent par venir uniquement pour prendre en photo la file d’attente, devenue, selon certains, « plus instagrammable que le singe ».


