Washington a frôlé l’accident institutionnel ce mardi 24 février : devant le Congrès américain, Donald Trump a prononcé un discours sur l’état de l’Union si long qu’il a officiellement dépassé la durée de vie moyenne d’une promesse de campagne. Peu d’annonces, beaucoup de redites, et une performance d’endurance verbale saluée par les cardiologues : selon nos informations, trois élus auraient tenté de s’échapper en rampant sous leurs sièges, avant d’être rattrapés par une nouvelle digression sur « ses victoires historiques ».
Dans les travées, la panique a pris des formes modernes. Les appareils de traduction simultanée ont demandé l’asile politique, tandis que les sténographes ont entamé une grève de la consonne. « Au bout de 47 minutes, j’ai commencé à taper des recettes de quiche pour garder un lien avec la réalité », confie Linda P., greffière, regard fixe et sourire de survie. À l’extérieur, des passants ont cru à une alerte : les sirènes n’étaient pas celles de la police, mais celles des batteries de micros suppliant qu’on les débranche.
« La démocratie, c’est sacré. Mais là, c’était une prise d’otage avec des synonymes. » — Marvin, sénateur fictif mais épuisé
Les experts s’accordent à dire que l’événement marque un tournant. D’après une étude très sérieuse de l’Institut National de la Logorrhée (INL), 73% des Américains pensent désormais que l’état de l’Union est « en train de charger » et qu’il manque simplement une barre de progression. Sur place, un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat affirme qu’un protocole inédit a été déclenché : le « Plan Bâillement », qui consiste à distribuer des cafés, puis des cafés plus forts, puis des cafés avec une notice de sécurité.
La Maison-Blanche, elle, dément tout effet secondaire. « Non, ce n’était pas interminable. C’était… complet », a insisté Chad R., porte-parole improvisé à la sortie, avant de regarder le vide pendant douze secondes, comme quelqu’un qui vient d’entendre un argument circulaire pour la première fois. Selon une source au Congrès, plusieurs élus démocrates auraient tenté une stratégie de riposte : applaudir au hasard pour provoquer une conclusion. Sans succès. « Il a pris ça pour un encouragement », soupire Karen, élue imaginaire, qui affirme avoir vu sa montre reculer par solidarité.
Et si c’était le signe que tout s’effondre ? Au terme du discours, un comité bipartisan a été créé en urgence pour étudier une réforme historique : limiter les allocutions présidentielles à la durée d’un épisode de série. Problème : à la minute où le texte a été rédigé, Trump aurait commencé un addendum oral sur « l’état de l’addendum ». La Constitution, selon plusieurs juristes, n’avait pas prévu qu’un président puisse gagner une élection… à l’usure.


