Deux semaines après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors d’une opération de police sur le campus universitaire de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est retrouvé mardi 24 février sur le gril des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Objectif affiché : calmer le jeu, ne pas s’aliéner la jeunesse, et prouver qu’un pays peut traverser une crise sans devoir inventer une nouvelle saison de chaos tous les soirs à 20h.
Selon nos informations exclusives, l’apaisement aurait été abordé comme un produit rare, presque introuvable en rayon depuis plusieurs années. « On sent que ça manque, l’apaisement. On en avait avant, quand on faisait encore des débats à voix humaine », assure Mamadou, assistant parlementaire et détenteur d’un sifflet “au cas où”. Dans les couloirs, on chuchote même qu’un “kit de calme” aurait circulé : une bouteille d’eau, un rappel à la loi, et une promesse solennelle de “dialoguer dès que possible”, c’est-à-dire un jour.
« La jeunesse ne réclame pas la lune : juste qu’on arrête de la traiter comme une notification qu’on peut balayer. » — Aïssatou, étudiante en sciences politiques et gestion de crises improvisées
Mais la situation est grave : d’après une étude très sérieuse de l’Institut national du Thermomètre Social (INTS), 73% des jeunes déclarent reconnaître un discours d’apaisement à trois signes inquiétants : il commence par “je vous ai entendus”, il finit par “dans les prochains jours”, et il ne contient aucune phrase du type “on s’excuse, vraiment”. Pire : 41% disent ressentir une “fatigue démocratique” comparable à celle d’un marathonien à qui on proposerait, à l’arrivée, un formulaire à remplir en triple exemplaire.
Pour éviter l’embrasement, un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat (et d’une tasse de café froid) confirme l’activation du plan “Calme & République 2030” : séances de respiration guidée dans l’hémicycle, distribution de coussins anti-tension, et création d’un ministère de la Phrase Rassurante. « On va former des porte-parole à dire “on comprend” sans déclencher d’émeute, c’est un savoir-faire qui se perd », soupire Jean-Marc, retraité du Var en visite pédagogique, venu vérifier si “ailleurs aussi, tout part en sucette”.
Reste une question : dans le monde d’aujourd’hui, un gouvernement peut-il encore apaiser sans se faire soupçonner de “communication” ? Les experts s’accordent à dire que c’est sans précédent. Et pendant que l’Assemblée cherchait le ton juste, un stagiaire a appuyé par erreur sur le bouton “réforme structurelle” au lieu de “mesure symbolique”, déclenchant une panique nationale et la rupture immédiate des stocks de patience.


