Depuis trois étés, les mêmes images reviennent : des forêts en cendres, des hélicoptères impuissants, des ministres en costume qui promettent. Et toujours, la même rumeur : l’État aurait refusé d’acheter des Canadairs, ces avions bombardiers d’eau qui sauvent la Provence. Les réseaux s’enflamment, les éditorialistes s’indignent, les populistes triomphent. La France brûle, mais pas seulement à cause des incendies.
L’État aurait refusé d’acheter des Canadairs, ces avions bombardiers d’eau qui sauvent la Provence, laissant les forêts partir en fumée.
Sauf que les Canadairs ne se fabriquent plus depuis 2015. Le dernier appareil est sorti des chaînes de Bombardier avant que l’entreprise ne recentre sa production sur les jets privés. La France, elle, a modernisé sa flotte avec des Dash 8 et des Tracker, moins spectaculaires mais plus efficaces. La rumeur, elle, persiste. Comme si un pays pouvait commander des avions qui n’existent plus.

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« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →Les médias relaient l’indignation sans vérifier les stocks. Les politiques surfent sur la colère sans lire les catalogues. Et les forêts, elles, continuent de brûler. Pas faute de Canadairs, mais faute d’une vérité qui résiste aux partages.
Ce matin, un pompier de Haute-Corse range son casque. Dans le journal, on parle encore de ces avions fantômes.
— René Lefèvre
Sources : Bombardier, Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Cour des comptes