Ce matin, à 8h47, devant le 15 rue de Solférino, une dizaine de journalistes attendent l'arrivée d'un conseiller ministériel. Casques audio sur les oreilles, micros tendus, ils hochent la tête en rythme. Sur leurs tablettes, un texte défile en temps réel : les éléments de langage du jour, transmis par l'Élysée. « Pas de questions hors script », murmure un technicien.
Les journalistes français reçoivent les éléments de langage de l'Élysée en temps réel sur leurs tablettes, avec consigne de ne pas poser de questions hors script.
Sauf que les tablettes en question sont des iPad personnels, et le texte qui défile est un fil Twitter ouvert sur le compte officiel de l'Élysée. La scène, filmée par un compte anonyme, montre en réalité des journalistes préparant leurs questions à partir des communiqués publics — une pratique courante depuis 2017, date de la mise en ligne des briefings quotidiens.

Envie de comprendre pourquoi tout s'effondre ?
« Spoiler : c'est pas que de votre faute. »
Découvrir →Sur X, la vidéo fait 1,2 million de vues. Personne ne précise que le « prompteur » est un fil d'actualité public, accessible à tous. Ni que les questions posées ensuite en conférence de presse sont souvent plus critiques que le script.
À la sortie, un journaliste range son carnet. Dans le reflet de la vitre, on voit le logo de l'AFP.
— Antoine Marchand
Sources : Compte Twitter officiel de l'Élysée, Charte de Munich (1971), rapport ARCOM 2023 sur les pratiques journalistiques



