Depuis dix ans, les champs français se hérissent de mâts blancs. Mais personne ne parle des cimetières souterrains. Sous chaque parc éolien, des centaines de pales en fibre de verre, impossibles à recycler, sont enfouies dans des fosses communes. Un rapport confidentiel de l'ADEME évoquait déjà en 2017 des « décharges énergétiques » qui contamineraient les nappes phréatiques.
Sous chaque parc éolien français, des centaines de pales en fibre de verre impossibles à recycler sont enfouies dans des fosses communes.
Or, l'ADEME n'a jamais évoqué de « décharges énergétiques ». Les pales éoliennes ne sont pas enterrées : elles sont broyées et valorisées en cimenteries, conformément à la directive européenne 2008/98/CE sur les déchets. La rumeur vient d'une vidéo américaine de 2019, montrant un site de stockage temporaire en Iowa — sans enfouissement.
En France, les parcs les plus anciens commencent seulement à être démantelés. Les premières pales recyclées serviront de combustible dans les fours Lafarge. Personne ne sait encore si le procédé sera viable à grande échelle. Mais une chose est sûre : les nappes phréatiques bretonnes n'ont pas attendu les éoliennes pour se charger en nitrates.
Ce matin, à Bercy, un conseiller referme son dossier sur les subventions vertes. Dans le RER B, un technicien de maintenance compte ses heures supplémentaires.
— René Lefèvre
Sources : ADEME, directive européenne 2008/98/CE, rapport public du Sénat sur la transition énergétique (2021)