À Pau, les anciens hochent la tête devant les 40°C de juillet. « En 1976, on avait déjà ça », murmure Jean-Claude, 78 ans, devant le kiosque à journaux de la place Clemenceau. Sur X, des comptes locaux relaient la théorie : le climat suit des cycles millénaires, les glaces fondent et se reforment depuis toujours. La preuve ? Les vignes de Jurançon, qui produisent du vin doux depuis le XIVe siècle, malgré les canicules.
Les vignes de Jurançon produisent du vin doux depuis le XIVe siècle, malgré les canicules. Preuve que le réchauffement n'est qu'un cycle naturel.
Sauf que les registres de la coopérative de Jurançon montrent que les vendanges ont avancé de 23 jours depuis 1980. Le cépage petit manseng, autrefois récolté en novembre, est cueilli fin septembre depuis 2015. Les cycles naturels, eux, durent entre 20 000 et 100 000 ans — pas 40 ans. La dernière période interglaciaire, il y a 125 000 ans, voyait les températures augmenter de 0,04°C par siècle. Aujourd'hui : +0,2°C par décennie.
À la gare de Pau, le TER pour Oloron-Sainte-Marie a encore été annulé à cause des rails déformés par la chaleur. Le dernier « cycle naturel » qui a tordu des rails, c'était en 1947. Il avait fait 38°C pendant trois jours.
Ce soir, Météo-France place les Pyrénées-Atlantiques en vigilance orange canicule. Le dernier cycle naturel à avoir déclenché une alerte orange, c'était en 2003. Il avait fait 15 000 morts en France.
— Bernard Pradeau
Sources : Registres de la coopérative de Jurançon, GIEC (AR6), Météo-France, SNCF Réseau



