Selon des sources extrêmement au courant de l’état psychologique de la Nation, l’acteur Alan Ritchson aurait identifié la cause du succès de War Machine : le public serait « un peu lassé » des films Marvel. Une phrase courte, mais suffisante pour provoquer un frisson institutionnel dans les couloirs feutrés de la culture française, où l’on croyait le citoyen définitivement scotché à un cocktail d’explosions, de blagues et de capes repassées.
Dans la foulée, plusieurs préfectures auraient demandé un « état des lieux du moral des spectateurs » afin de mesurer l’ampleur du phénomène : des gens assis dans une salle obscure qui ne demandent pas à voir, pour la 19e fois, un personnage découvrir qu’il a des pouvoirs juste avant de sauver le monde en 3 actes. Selon un sondage IFOP/Institut du Pop-corn (échantillon : 1 003 personnes et un monsieur très sûr de lui), 47,3% des Français seraient capables de regarder un film d’action sans rester jusqu’à la scène post-générique, “par principe”. Un chiffre qualifié de “radicalisation” par plusieurs spécialistes autoproclamés.
Sur le terrain, les témoignages affluent. « J’ai eu peur… À un moment, personne n’a dit “on forme une équipe” », confie Élodie, 34 ans, cheffe de projet “synergie” à Nantes, encore secouée. De son côté, Jean-Marc, retraité du Var et analyste cinéma sur son groupe WhatsApp, se veut alarmiste : « Si on commence à aimer des films parce qu’ils sont différents, où va la République ? Après, les gens vont vouloir des scénarios, des fins… et même des silences. »
« J’ai payé ma place et je n’ai pas eu l’impression de faire mes devoirs de spectateur, c’est profondément déstabilisant. » — Sandrine, consultante LinkedIn en résilience émotionnelle
Le secteur, lui, s’organise. Plusieurs cinémas testeraient déjà des mesures de protection : distribution de mini-marqueurs pour rappeler au public “qui est qui”, mise à disposition de couvertures de survie en cas d’absence de cameo, et diffusion préventive d’un jingle “Univers partagé : tout va bien” toutes les 12 minutes. Un haut fonctionnaire sous couvert d’anonymat évoque même un “plan sobriété narrative” : « On ne peut pas passer d’un multivers à une intrigue lisible sans accompagnement. »
À l’heure où ces lignes sont écrites, une réunion interministérielle serait prévue pour statuer sur une question cruciale : faut-il instaurer un quota de fatigue Marvel par foyer, ou laisser les Français gérer seuls cette liberté soudaine. Le compte-rendu devrait tomber dès que tout le monde aura fini de comparer, très sérieusement, ce que “le public veut” avec ce que “le public mérite”.


